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Le Centre de prévention de la radicalisation a transmis 6 cas à la GRC

Le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV), mis en place à Montréal en mars dernier, a transmis six dossiers à la GRC, car les individus présentaient un risque trop important pour leur sécurité ou celle du public, a indiqué le directeur de l'organisme à Radio-Canada. 

Un reportage de Bahador Zabihiyan

Financé par Montréal et Québec, le CPRMV est une structure permanente qui réunit des partenaires de divers milieux : du secteur de la santé et des services sociaux, de la sécurité publique, des milieux communautaire, scolaire ou institutionnel, du secteur de l'emploi ou de la recherche. Le centre est doté d'une ligne téléphonique. 

Pour la première fois, le centre a ouvert ses portes à un média.

En entrevue avec Radio-Canada, le directeur du CPRMV, Herman Deparice-Okomba, indique que 90 familles ont appelé car elles « avaient besoin d'aide ». « Ça peut être de l'aide pour les rassurer, et dans certains cas, c'est de l'aide qui nécessite une intervention, à court, moyen [ou] long terme », dit-il.

Dans six cas, le centre a averti la police, le risque étant trop grand.

Le transfert du dossier à la GRC s'est « généralement » fait de manière concertée avec la famille. Le centre continue d'intervenir auprès de ces familles, mais ne peut indiquer si le transfert des dossiers a mené à des mises en accusation, pour des raisons de confidentialité.

« On a un cas où le papa dit : « Écoute, mon fils s'est radicalisé, je l'ai surpris sur Internet en train de regarder un site djihadiste, comment créer des bombes. En plus, il a fait une demande de passeport à mon insu », explique-t-il, assurant que le centre est indépendant. 

« La crédibilité du centre dépend de l'indépendance, de l'autonomie qu'on a par rapport au service de police. S'il y a un enjeu de sécurité, on va informer la police, à part ça il n'y a plus rien d'autre, on est très autonome », dit-il.

Avec ses intervenants qui parlent plusieurs langues, le centre peut mettre en place une stratégie afin d'aider les familles qui veulent éviter que leurs proches se radicalisent.

Miser sur la prévention

L'organisme fait aussi de la sensibilisation et de la prévention.

« La bonne manière de lutter efficacement contre le terrorisme, contre la radicalisation violente, c'est d'avoir à la fois une approche répressive, et surtout une approche préventive », dit M. Deparice-Okomba.

La majorité des interventions se fait auprès des jeunes et de leurs parents.

« Quand on reçoit des appels qui nécessitent une intervention, je me déplace sur le terrain. Je rencontre les individus, les familles, les partenaires », dit Meriem Rebbani Gosselin, qui est intervenante psychosociale pour le CPRMV.

Une fois sur le terrain, les intervenants discutent avec la famille pour éventuellement intervenir auprès du « jeune » radicalisé. « On va trouver différentes façons de venir intervenir avec le jeune, qui vont être non confrontantes, non discriminatoires. Et en même temps, on va travailler beaucoup avec la famille, favoriser le dialogue », dit-elle.

Mme Rebbani Gosselin estime les familles étaient « démunies » face au phénomène de la radicalisation violente avant l'arrivée du CPRMV à Montréal. 

Elle compare la ligne téléphonique du CPRMV à celles qui existent déjà pour prévenir le suicide.  « Quand vous avez des lignes d'appels, par exemple, concernant le suicide [...] et que la personne au téléphone juge que vous êtes un risque imminent d'atteinte à votre vie ou un risque imminent pour la communauté, ces gens-là appellent la police », soutient l'intervenante.

Le centre veut prévenir la radicalisation violente, et ne vise pas particulièrement l'extrémisme islamiste.

Ainsi, le centre a aussi dû intervenir auprès de familles dont des jeunes souhaitent aller rejoindre les rangs des groupes qui combattent le groupe armé État islamique, a indiqué son directeur.

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