Retour

Le chef de police de Calgary ouvert à la décriminalisation des drogues

Le chef de la police de Calgary se dit réceptif à l'idée de décriminaliser la possession de petites doses de drogues. Alors que la crise des opioïdes sévit depuis des années dans la métropole albertaine, Roger Chaffin est de plus en plus convaincu que d'arrêter les consommateurs de drogues ne fait qu'aggraver leurs problèmes.

Toutefois, il faudra surmonter des obstacles majeurs. Selon lui, les gouvernements doivent reconnaître qu’il faut investir davantage dans le traitement des dépendances et fournir des ressources d'aide en santé mentale. Il faudrait aussi débattre de la façon dont le système de justice canadien traite les consommateurs de drogues.

« Si vous avez l’occasion de visiter un centre de traitement de dépendances et de voir des familles dont la vie a été détruite par les drogues, vous penserez différemment aux solutions possibles », affirme Roger Chaffin.

Selon lui, les arrestations ne font qu’empirer le stress que vivent les consommateurs de drogues et complexifier leur dépendance.

L’exemple portugais

Au Portugal, plutôt que d’être emprisonnés, les consommateurs de drogues sont dirigés vers un centre de traitement des dépendances, obtiennent une amende ou encore doivent faire du travail compensatoire dans le milieu communautaire.

Le modèle portugais considère la dépendance aux drogues comme un problème de santé, plutôt qu’un crime. Il met l’accent sur davantage d’investissements dans la prévention, les traitements, la réduction des méfaits et divers programmes sociaux. Ce modèle a permis de réduire drastiquement le nombre de morts par surdose et de diagnostics de sida parmi les consommateurs de drogues.

Une volonté de décriminaliser

Le premier ministre canadien Justin Trudeau fait face à de plus en plus de pression, incluant au sein du Parti libéral du Canada lui-même, pour décriminaliser la possession de petites quantités de drogues. Justin Trudeau a toutefois fermé cette porte, alors qu’Ottawa prévoit légaliser la consommation de cannabis cet été.

Malgré tout, la tendance mondiale semble être à la décriminalisation. Outre le Portugal, une dizaine d’autres pays, comme l’Australie, le Brésil et l’Allemagne ont choisi cette voie, selon divers modèles [ A Quiet Revolution : Drug Decriminalisation Policies in Practice Across the Globe ] (en anglais).

L’Organisation mondiale de la santé et d’autres organismes, comme l’Association canadienne pour la santé mentale, appellent à la fin des « lois punitives » pour les consommateurs de drogues.

De son côté, l’Association canadienne des chefs de police étudie les impacts potentiels de la décriminalisation ou de la légalisation des drogues sur ses services de police. Un comité spécial a été mis sur pied et doit rendre son rapport d’ici août 2019.

Des inquiétudes demeurent

Dawn s’est retrouvée à la rue avant de vaincre sa dépendance aux drogues il y a 25 ans., La Calgarienne, qui ne veut pas être identifiée par son nom de famille, n’est pas convaincue que la décriminalisation aiderait à combattre le problème de drogues de la métropole albertaine.

Elle ne croit pas que les consommateurs devraient être emprisonnés pour possession d’une petite quantité de drogues, mais elle craint que la décriminalisation banalise l’utilisation de drogues et que les gouvernements n'investissent pas assez dans les traitements.

Le chef de police de Calgary met en garde contre une décriminalisation trop rapide. Il croit qu’il faudra prendre le temps de développer un modèle juste, qui permet d’aider les personnes dépendantes. « Nous ne voulons pas criminaliser les dépendances », affirme Roger Chaffin.

D'après les informations de Reid Southwick, CBC News

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les glucides mettent-ils notre santé en jeu?





Rabais de la semaine