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Le chef du Pentagone appuie l'accord sur le nucléaire iranien

Alors que le président américain Donald Trump doit bientôt révéler ce qu'il entend faire de l'accord sur le nucléaire iranien, son secrétaire à la Défense, Jim Mattis, a dit être ouvertement intéressé à le préserver, mardi, lors d'un témoignage devant la commission sénatoriale des Forces armées.

À un sénateur qui lui demandait de répondre par oui ou par non à la question « pensez-vous qu'il soit dans notre intérêt national à l'heure actuelle de rester dans l'accord? », M. Mattis a répondu: « Oui, sénateur. Je le pense ».

« Si nous pouvons confirmer que l’Iran respecte l’accord, si nous pouvons déterminer que cela est dans notre meilleur intérêt, alors nous devrions le préserver. Je pense qu'à l'heure actuelle, en l'absence d'indication contraire, c'est une chose que le président devrait envisager de garder », avait-il déclaré de façon sibylline un peu plus tôt.

Depuis que l’accord sur le nucléaire iranien est entré en vigueur en janvier 2016, le président américain doit « certifier » que l’Iran en respecte les règles tous les trois mois auprès du Congrès.

M. Trump l’a bel et bien fait à la mi-avril, puis à la mi-juillet, mais il a aussi demandé aux agences fédérales de réexaminer l’accord, afin de déterminer si la mesure est bien dans l'intérêt de la sécurité nationale.

Cet examen devait être effectué avant la prochaine « certification » attendue à la mi-octobre. Cette situation donne lieu à de multiples rumeurs quant à l’avenir de l’accord, négocié sous l’administration Obama.

En campagne électorale, Donald Trump avait soutenu que cet accord était le « pire » de l’histoire des États-Unis, et avait promis de le « déchirer ».

Si le président américain peut dénoncer officiellement l’accord, il n'a pas toutes les cartes dans son jeu : il ne pourrait imposer de nouvelles sanctions sans l’accord du Congrès et cela n’engagerait en rien les autres pays qui l’ont signé.

Lors de son discours devant l'Assemblée générale de l'ONU, il y a deux semaines, le président français Emmanuel Macron a par exemple clairement dit qu'il l'appuyait toujours.

« Notre engagement sur la non-prolifération a permis d'obtenir un accord solide, robuste, qui permet de vérifier que l'Iran ne se dotera pas de l'arme nucléaire », a-t-il dit. « Le dénoncer aujourd'hui sans rien proposer d'autre serait une lourde erreur, ne pas le respecter serait irresponsable, parce que c'est un accord utile, essentiel à la paix. »

En plus des États-Unis et de la France, l’accord sur le nucléaire iranien a été approuvé par les trois autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU – Royaume-Uni, Chine, Russie – et par l’Allemagne.

Il prévoit que la République islamique limite son programme nucléaire à des usages civils en échange de la levée progressive des sanctions internationales prises à son encontre dans les années précédentes.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui a été chargée de vérifier sa mise en oeuvre, a toujours affirmé depuis que Téhéran respectait sa part de l’entente.

Son dernier rapport, rendu public le 31 août, l’a confirmé une fois de plus.

Quitter l'Afghanistan? « À nos risques et périls »

Plus tôt en matinée, M. Mattis a plaidé que les États-Unis devaient poursuivre leurs opérations militaires contre les talibans en Afghanistan, afin de les priver de toute base ou refuge.

« Sur la base des analyses des services de renseignement et mes propres conclusions, je suis convaincu que si nous quittions ce pays, ce serait à nos risques et périls », a-t-il indiqué.

« Notre objectif est un Afghanistan stabilisé, grâce à un processus de paix mené par les Afghans », a-t-il ajouté.

Quelque 3000 soldats américains doivent être déployés en renfort des 11 000 déjà présents dans le pays dans le cadre de la « nouvelle stratégie » annoncée récemment par le président Trump.

Les forces afghanes ont subi des pertes considérables en 2016 – plus de 7000 morts et 12 000 blessés en 2016 – et elles contrôlent moins des deux tiers du territoire à l'heure actuelle.

La guerre en Afghanistan, qui en est à sa seizième année, est la plus longue de l'histoire des États-Unis.

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