Le Comité international olympique (CIO) a fortement réagi jeudi à la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) de lever totalement la sanction de 28 des 43 athlètes russes suspendus pour avoir profité du système de dopage d'État lors des Jeux de Sotchi en 2014.

« En théorie, certains des 28 sportifs dont la suspension à vie a été levée peuvent prétendre à une participation aux Jeux de Pyeongchang. Leur participation devra au préalable être soumise à un panel du CIO », avait précisé à l'AFP un porte-parole du TAS.

Cette « théorie » a rapidement été rectifiée par le CIO.

« La décision du TAS ne signifie pas que des athlètes, parmi le groupe des 28, seront invités aux Jeux. Ne pas être sanctionné ne confère pas automatiquement le privilège d'une invitation. Dans ce contexte, il est important de noter que [le TAS] insiste sur le fait que sa décision ne signifie pas que les 28 athlètes sont déclarés innocents », a tenu à préciser l'instance olympique dans un communiqué.

Virulent, le CIO ne masque pas sa déception et « regrette énormément que [le TAS] n'ait pas pris en compte l'existence avérée de la manipulation organisée du système antidopage russe pour les 28 cas ». Sa décision pourrait avoir un sérieux impact sur la lutte contre le dopage à l'avenir, poursuit le CIO, qui envisagera la suite à donner, notamment un appel auprès du Tribunal fédéral suisse.

Entre le 1er novembre et le 22 décembre, le CIO avait sanctionné 43 sportifs russes pour avoir bénéficié du système de dopage institutionnalisé mis au jour en Russie entre 2011 et 2015, et surtout pendant les Jeux de Sotchi.

Le système a été révélé par le rapport commandé par l'Agence mondiale antidopage (AMA) au juriste canadien Richard McLaren. Il impliquait le ministre russe des Sports de l'époque, Vitali Mutko, et les services secrets russes (FSB).

Sur ces 43 sportifs suspendus à vie des JO et privés de leurs résultats de Sotchi, 39 ont été entendus fin janvier par le TAS dans une audience exceptionnelle tenue à Genève.

Le TAS a mentionné que les preuves apportées par le CIO pour 28 des sportifs n'étaient pas suffisantes pour établir une violation des règles antidopage. En conséquence, les arbitres du TAS ont annulé leurs sanctions et rétabli leurs résultats individuels obtenus à Sotchi.

Au total, la Russie a récupéré plusieurs des médailles qu’elle avait perdues à la suite des sanctions du CIO, ainsi que sa 1re place au classement des nations des Jeux de Sotchi.

De fausses accusations de dopage institutionnalisé

Le vice-premier ministre russe chargé des sports, Vitali Mutko, lui-même suspendu à vie par le CIO, a immédiatement estimé que les accusations de dopage institutionnalisé contenues dans le rapport McLaren étaient « démenties » par la décision du TAS.

Ce verdict crée une énorme confusion à l'orée des Jeux olympiques qui seront lancés dans huit jours, à Pyeongchang, en Corée du Sud.

« Oui, il s'agit d'un résultat très significatif qui va effectivement créer de la confusion. Cela renforce l'importance de sanctionner les auteurs du système si les preuves individuelles contre les personnes qui en ont bénéficié sont jugées insuffisantes », a dit Graeme Steel, président de l'INADO, organisation qui représente 69 agences nationales antidopage dans le monde.

Au-delà des 28 sportifs blanchis, 11 autres ont vu leur suspension à vie être annulée, mais ont été reconnus coupables d'infraction aux règles antidopage. Ils restent donc inadmissibles pour les Jeux de 2018 et ne récupèrent pas leurs résultats de 2014.

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