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Le Collège Dawson en guerre contre la radicalisation

Une décennie s'est écoulée depuis que la jeune Anastasia De Sousa, 18 ans, a été abattue par un tireur fou au Collège Dawson, à Montréal. À l'aube du triste anniversaire, le collège organise des ateliers pour lutter contre la radicalisation.

Un texte de Geneviève Garon

Le 13 septembre 2006, « c'était comme un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages », se souvient le directeur général de l'établissement, Richard Filion. Il passe tous les jours devant le Jardin de la paix créé il y a cinq ans près du bâtiment patrimonial du Collège Dawson. Ce spectacle floral a été réalisé avec l'engrais fabriqué à partir des nombreux bouquets déposés devant l'établissement il y a 10 ans. Un élan de solidarité au lendemain de la fusillade qui a coûté la vie à une étudiante et en a blessé 20 autres.

Pour commémorer les 10 ans de la tragédie, M. Filion veut multiplier les initiatives pour contrer la radicalisation. Son cheval de bataille est de créer des liens au sein de la communauté pour éviter que des jeunes ne s'isolent et ne soient tentés par l'extrémisme.

Le Collège fait venir de France le conférencier Abdennour Bidar, un philosophe musulman. L'auteur d'une Lettre ouverte au monde musulman s'adressera aux étudiants le 15 septembre. Son texte, publié en 2014, a été lu par plus de 3 millions de personnes et invite les musulmans à lutter pour enrayer l'extrémisme.

Parmi les autres activités de la rentrée, on retrouve des ateliers sur la résolution de conflits et une conférence de la fondatrice de l'organisme War Child Canada

Selon Richard Filion, aucun cas de jeune radicalisé n'a été signalé au Collège Dawson dans les dernières années. Mais il est important de rappeler aux membres du personnel et aux 10 000 étudiants d'une soixantaine de nationalités d'être attentifs aux signaux d'alarme.

Le Collège de Rosemont ne se sent pas à l'abri

Abdennour Bidar sera aussi de passage aux collèges de Maisonneuve et de Rosemont. Ces deux établissements ont vécu de gros bouleversements l'année dernière. Ils ont coupé les ponts avec le prédicateur Adil Charkaoui, qui a plus tard été accusé de voies de fait.

Le Collège de Maisonneuve a aussi été ébranlé après que 11 élèves eurent voulu quitter le pays pour mener le djihad.

La situation est à ce point délicate que Québec a offert 400 000 $ au Collège de Maisonneuve pour qu'il ait plus d'intervenants anti-radicalisation à la rentrée.

Le projet pilote suscite l'envie du Collège de Rosemont qui a demandé une subvention de 250 000 $ au printemps. La réponse se fait toujours attendre.

Moins d'une dizaine d'étudiants ont été interrogés par des intervenants au cours des dernières années en raison de comportements qui suscitaient des questions, selon Stéphane Godbout, directeur général du Collège de Rosemont. Il affirme que la police n'a jamais eu à intervenir.

S'il obtient la subvention, le Collège veut avoir plus de personnel pour faire de la prévention, notamment en milieu sportif.

La responsabilité des milieux scolaires

Il y a moins d'une semaine, le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence a présenté un rapport sur les enjeux propres aux milieux scolaires. Il sonnait l'alarme au sujet des agents de radicalisation qui « sont présents partout », selon le directeur général de l'organisme, Herman Deparice-Okomba.

Le Centre recommande, entre autres, d'élaborer un cadre législatif pour permettre aux gestionnaires d'établissement de réglementer l'offre de soutien psychosocial aux étudiants vulnérables ou à risque de radicalisation violente.

Il suggère aussi de former l'ensemble du personnel des milieux scolaires en matière de prévention et de reconnaissance des situations de radicalisation violente.

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