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Le Collège Dawson se souvient d'Anastasia De Sousa

Le Collège Dawson a commémoré mardi matin la fusillade qui avait éclaté dans ses murs il y a 10 ans. L'irruption d'un tireur dans ce cégep montréalais, le 13 septembre 2006, avait coûté la vie à une jeune femme de 18 ans, Anastasia De Sousa, en plus de faire 16 blessés.

Coincé par les policiers à l'intérieur de l'établissement, le tueur, Kimveer Gill, s'était enlevé la vie.

Le directeur général de l'établissement, Richard Fillion, en poste lors de la fusillade, a présidé les cérémonies de commémoration des 10 ans de la tragédie. Elles ont commencé par une procession vers le Jardin de la paix, où M. Fillion s'est adressé aux dignitaires et aux élèves de l'établissement.

Pour ceux qui doutaient de la pertinence de souligner la tragédie, M. Fillion a avancé trois raisons justifiant cette cérémonie commémorative. Il a tout d'abord évoqué « le devoir de mémoire envers ceux qui ont été profondément affectés par cette tragédie ».

M. Fillion a souligné également la perte d'Anastasia De Sousa, une « jeune femme prometteuse », dont les parents étaient présents parmi les dignitaires.

Le directeur général a aussi soulevé l'importance de remercier tous ceux qui sont venus en aide au Collège Dawson, « et ils sont nombreux », a-t-il précisé, dans ces moments difficiles. Il a souligné le travail des policiers qui sont intervenus, au péril de leur vie, pour secourir les élèves de l'établissement pendant que le tireur semait toujours la terreur à l'intérieur de ses murs.

Finalement, M. Fillion a souligné l'importance de la résilience des étudiants du Collège Dawson dans les jours qui ont suivi la tragédie.

La ministre québécoise de l'Éducation supérieure, Hélène David, et le maire de la Ville de Montréal, Denis Coderre, ont assisté aux cérémonies, marquées par plusieurs interprétations musicales.

La fusillade survenue au Collège Dawson a été un tragique écho de celle de Polytechnique, qui avait fait 14 morts, uniquement des femmes, en 1989.

Un diplômé du Collège Dawson, qui fréquentait l'établissement lors de la fusillade, Charles Brenchley, a raconté comment lui et les 45 autres étudiants de son programme ont surmonté ces moments difficiles. Deux jours après la fusillade, ils étaient tous réunis chez un professeur et avaient campé sur son terrain.

« Ce n'était pas le moment d'être seul et nos professeurs l'avaient compris », a-t-il déclaré au cours de son allocution. « Nous avons partagé ensemble, chanté ensemble et pleuré ensemble, a-t-il déclaré. Nous avons assimilé un acte de violence insensé. »

L'ancien étudiant s'est souvenu de la solidarité qui s'est manifestée lors de la réouverture des portes de l'établissement. « Étudiants, accompagnés par du personnel de soutien, des professeurs et des membres de l'administration attendions que les portes du collège s'ouvrent pour nous réapproprier ce qui nous appartenait et faire front commun contre cette violence qui nous avait frappés de si près. »

M. Brenchlay a souligné que le Jardin de la paix dans lequel se déroulaient les cérémonies était un hommage à la vie d'Anastasia De Sousa et un rappel de la fragilité de la vie.

Une cérémonie qui sort de l'ordinaire

« On a choisi, dès le début, de faire ça aux cinq ans, parce que c'est une charge émotive assez importante, a confié M. Fillion en matinée sur les ondes de ICI RDI. Chaque année, on fait un petit mémorial interne pour les membres de la communauté, mais là, c'était le dixième anniversaire; on a donc préparé quelque chose qui, je pense, sort un peu de l'ordinaire. »

Le directeur général a ajouté qu'une semaine d'« activités d'éducation à la paix » était organisée au collège. Les activités comprennent deux conférences, prévues mercredi et jeudi soir.

M. Fillion a précisé que la sécurité et la surveillance ont été renforcées dans l'établissement à la suite de la fusillade. « On installe des caméras chaque année, on ajoute des caméras à notre dispositif, on a ajouté des agents de sécurité qui sont en faction à chaque quart de travail », a-t-il expliqué.

« Notre système d'interphones est décentralisé, ce qui nous permet de réagir plus promptement à des événements inattendus comme ceux qui se sont produits », poursuit-il.

Le directeur du collège a dit avoir eu des discussions avec le ministre de l'Éducation de l'époque au sujet de l'importance d'éduquer les jeunes à la gestion de la violence. La lutte contre l'intimidation, omniprésente dans les projets éducatifs des écoles de la province, s'inscrit également dans cet esprit de prévention de drames comme celui de Dawson.

Le ministre de la Sécurité publique au moment de la fusillade, Jacques Dupuis, a évoqué l'événement en entrevue à ICI RDI. Il se souvient des actions du gouvernement pour éviter la reproduction d'une telle tragédie, mais, lucide, il convient qu'il est impossible de se prémunir complètement contre ce genre d'attaque.

Le gouvernement avait toutefois promulgué une loi, la loi Anastasia, interdisant la détention d'arme dans les établissements scolaires, dans les garderies, de même que dans les transports publics et scolaires.

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