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Le conducteur soupçonné d’avoir foncé dans la foule à Charlottesville demeurera derrière les barreaux

L'homme de 20 ans qui a tué une femme et blessé 19 autres personnes en fonçant sur des manifestants antiracistes, en marge d'un rassemblement de partisans de l'extrême droite, samedi, à Charlottesville, restera derrière les barreaux jusqu'à sa prochaine comparution, le 25 août.

James Alex Fields fils, qui est poursuivi pour meurtre au second degré, blessure volontaire et délit de fuite, a comparu par visioconférence lundi devant un tribunal de Charlottesville depuis la prison régionale d'Albemarle, où il a été placé en détention. Le juge a refusé de le remettre en liberté.

La police de Virginie, qui a arrêté Fields samedi, n'a fait aucun commentaire sur sa personnalité ou d'éventuelles déclarations qu'il aurait pu faire depuis qu'il a été incarcéré.

Stupéfaite, sa mère croyait qu’il se rendait à un rassemblement de Donald Trump, et non à une manifestation de la droite radicale (Alt Right) en Virginie qui a tourné au chaos.

« Il avait un ami afro-américain », a-t-elle dit au quotidien Toledo Blade, avouant n'avoir jamais discuté de politique avec son fils.

Fasciné par le nazisme

James Fields avait bel et bien des « croyances extravagantes, très radicales », soutient Derek Weimer, son enseignant d’études sociales au secondaire.

L’enseignant raconte qu’ils s’entendaient bien et pouvaient discuter d’enjeux sans que son élève se fâche; il était perçu comme réservé et tranquille. « Il avait une admiration pour les nazis, pour Adolf Hitler », indique M. Weimer.

Après avoir reçu son diplôme d’études secondaires, le jeune homme s’est enrôlé dans l’armée en août pour finalement la quitter quatre mois plus tard, faute d’avoir atteint les objectifs d’entraînement.

Du jamais vu à Charlottesville

Claire-Marie Brisson, qui fait son doctorat en littérature française à l’Université de la Virginie, n’avait jamais vu auparavant une telle manifestation de racisme comme celle de samedi.

Depuis son arrivée il y a un an, elle dit avoir vu l’extrême droite se manifester, tout particulièrement ce printemps, autour du démantèlement de la statue du général Robert E. Lee, héros sudiste en faveur de l’esclavagisme.

« C’était une occasion pour l'extrême droite pour pousser leurs idées. [...] Le Ku Klux Klan et d’autres groupes pas très modérés ont explosé sur scène et ils sont partout maintenant », observe-t-elle à l'émission Gravel le matin alors que des hélicoptères survolent toujours Charlottesville lundi matin.

Petite ville universitaire de 47 000 habitants, Charlottesville est pourtant réputée pour ses idées progressistes et pour être le berceau de Thomas Jefferson, un des pères de la Déclaration d’indépendance.

D’ailleurs, 80 % de la population de la ville a voté pour la démocrate Hillary Clinton lors de l’élection présidentielle américaine, en novembre dernier.

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