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Le Congrès américain s'intéresse à la menace des suprémacistes blancs

Après les violences qui ont éclaté à Charlottesville, en Virginie, la commission sur la sécurité intérieure de la Chambre des représentants a annoncé mercredi qu'elle se penchera le mois prochain sur le problème de terrorisme national.

Dans une lettre adressée au démocrate Bennie Thompson, le président de la commission, Michael McCaul, indique que des auditions se tiendront le 12 septembre pour discuter « des plus grandes menaces auxquelles les États-Unis font face ».Le président McCaul répond ainsi aux demandes formulées par M. Thompson et d’autres élus démocrates qui siègent à la commission. Des membres du département de la Sécurité intérieure, du FBI et du Centre national antiterroriste sont attendus en audition, a indiqué M. McCaul.

« Nous devons être solidaires et rejeter le racisme, l'intolérance et les préjugés, y compris les idéologies haineuses promues par les néonazis, le KKK [Ku Klux Klan] et tous les autres groupes suprémacistes blancs », écrit-il.

Sa déclaration survient après qu'une femme eut perdu la vie lors des heurts qui se sont produits entre des suprémacistes et des antiracistes à Charlottesville, la semaine dernière. Le conducteur de la voiture qui a frappé Heather Heyer alors qu’elle manifestait contre un groupe d’extrême droite est soupçonné d’avoir des sympathies nazies.Les critiques ont fusé de toute part à l’endroit de Donald Trump, accusé d’avoir tenu des déclarations ambiguës après les événements de Charlottesville. Il a renvoyé mardi dos à dos les suprémacistesblancs et les contre-manifestants.

Vague de condamnations

De passage aux États-Unis pour s’entretenir avec le secrétaire d’État américain Rex Tillerson, la ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, a dénoncé sans équivoque les violences alimentées par le racisme à Charlottesville.

M. Tillerson a joint sa voix à celle de son homologue canadienne pour condamner les idéologies haineuses qui promeuvent le racisme. « Il n’y a tout simplement pas de place pour cela dans le discours public », a-t-il déclaré.

Jusqu’ici, peu de membres du camp républicain ont osé venir à la défense du président américain. Et les seuls élus qui se sont exprimés ont tous clairement accusé les membres de l’extrême droite.

Le sénateur républicain de la Caroline du Sud, Lindsey Graham, a abondé dans le même sens, se disant inquiet que « le parti de Lincoln offre un siège accueillant aux David Duke [militant suprémaciste américain] de ce monde ».

Mais la déclaration la plus surprenante provient des deux prédécesseurs républicains de Donald Trump, George H. W. Bush et son fils George W. Bush.

Sans viser directement le 45e président des États-Unis, les deux ex-présidents ont appelé les États-Unis à « toujours rejeter le racisme, l’antisémitisme et la haine sous toutes ses formes » et à garder en tête que « tous les hommes sont créés égaux ».

Sur son compte Twitter, Barack Obama a partagé dimanche une phrase de Nelson Mandela. « Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, de ses origines ou de sa religion », a-t-il écrit dans un tweet, qui est devenu le plus aimé de toute l’histoire de Twitter.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a pour sa part appelé quiconque à « se lever » contre le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et l’islamophobie.

M. Guterres n'a pas condamné explicitement l’ambivalence de Donald Trump dans ce dossier, mais a déploré « ces démons qui refont surface un peu partout », en faisant allusion aux violences de Charlottesville.

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