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Le consensus autour de Bouchard-Taylor est à portée de main, dit Amir Khadir

Selon Amir Khadir, les quatre partis à l'Assemblée nationale sont disposés à accepter les recommandations contenues dans le rapport Bouchard-Taylor. Le député de Québec solidaire appelle par conséquent le premier ministre Couillard « à faire un pas vers ce consensus atteignable » en matière de pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles.

M. Khadir soutient avoir saisi l'occasion de parler au premier ministre « de ce consensus atteignable » lors d'une rencontre fortuite dans les couloirs de l'Assemblée nationale, jeudi. Il estime que Philippe Couillard devrait saisir la balle au bond pour mettre un terme à 10 ans de débat dans ce dossier sensible.

En conférence de presse, le député solidaire a expliqué que la donne avait changé depuis « les attentats islamophobes meurtriers » survenus à Québec le 29 janvier dernier. Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) « conviennent désormais que leur position passée sur ces questions « était erronée », dit Amir Khadir.

Pour sa part, Québec solidaire avait, en 2013, préconisé une approche modérée en la matière, en s'inspirant des recommandations de la commission Bouchard-Taylor.

Khadir critique « l'entêtement » des libéraux

Restent les libéraux qui, affirme Amir Khadir en substance, n'avaient pas su saisir les 37 recommandations des deux commissaires lorsqu'elles avaient été formulées, en 2008. Le Parti libéral du Québec (PLQ) fait maintenant preuve « d'entêtement » avec son projet de loi 62, un « entêtement » qu'est venu renforcer Charles Taylor lui-même en début de semaine, dit Amir Khadir.

Le philosophe a en effet fait volte-face sur l'interdiction du port de signes religieux, estimant dorénavant inutile toute législation pour interdire aux employés de l'État (juges, procureurs de la Couronne, policiers, gardiens de prison) de porter des signes religieux ostensibles.

Pas juste les accommodements...

À la question de savoir si le projet de loi 62 était préférable au statu quo, Amir Khadir a rétorqué que « toute action est préférable au statu quo ». Cela dit, le député de Mercier trouve que ce projet de loi « est trop en deçà de ce que suggère Bouchard-Taylor ».

Selon Amir Khadir, le rapport Bouchard-Taylor ne traite pas uniquement d'accommodements, ni même du port de signes religieux, mais d'un ensemble de propositions dont :

  • une charte de la laïcité
  • des programmes d'intégration interculturelle
  • un travail réel de lutte contre la discrimination

Philippe Couillard ne doit pas rater cette occasion « d'enlever les caisses de résonnance qui existent depuis au moins 10 ans pour ceux qui veulent carburer sur des politiques du ressentiment et qui veulent détourner l'attention de la société des véritables problèmes de discrimination, de profilage racial et de lutte contre les inégalités sociales », affirme M. Khadir.

Envoyer un message clair

Certes, cet éventuel consensus sur les recommandations du rapport Bouchard-Taylor ne mettrait pas le gouvernement du Québec à l'abri d'éventuels recours judiciaires, prévient M. Khadir, qui ajoute toutefois que les avis là-dessus sont partagés.

Mais, cela enverrait un message, à défaut d'être parfait, clair, affirme Amir Khadir : « Ça permettrait de sceller une entente politique entre les quatre partis à l'Assemblée nationale pour que ceux qui veulent alimenter les politiques de haine et de ressentiment n'aient plus de résonnance sur la scène institutionnelle. »

« On est dans un débat irréel » - Philippe Couillard

Le premier ministre Couillard répondra-t-il à l'appel d'Amir Khadir? La semaine dernière, il a qualifié enjeu inexistant la question du port de signes religieux par des employés de l'État. M. Couillard a fait cette déclaration après la demande de l'opposition d'inclure, dans le projet de loi 62, les recommandations de Bouchard-Taylor sur l'interdiction du port de signes religieux.

Pour le chef de la CAQ, François Legault, il importait d'en arriver à ce compromis sur la question des signes religieux, après la tragédie de Québec. « On est dans un débat irréel, on est encore une fois en train de mettre sur la table un débat pour un enjeu inexistant au Québec », a rétorqué le premier ministre.

Déposé en 2015, le projet de loi 62 a fait l'objet de consultations à partir du mois d'octobre dernier.

Philippe Couillard s'est dit déterminé à le faire adopter d'ici les prochaines élections générales, prévues en 2018.

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