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Le contrat avec le Massachusetts sera profitable, assure Hydro-Québec

Le contrat historique remporté par Hydro-Québec au Massachusetts pourrait générer 10 milliards de dollars de revenus en 20 ans, a laissé entendre vendredi le président-directeur général de la société d’État, Éric Martel.

En vertu du contrat annoncé jeudi, Hydro-Québec devra fournir plus de 9 térawattheures d'hydroélectricité pour les 20 prochaines années à l'État américain du Massachusetts dans le cadre du projet de ligne de transmission Northern Pass.

« C’est une énorme quantité d’énergie », s’est félicité M. Martel lors d’une conférence de presse, vendredi.

Le contrat qui permettra d'établir les revenus exacts est « encore en discussion » et « soumis à une entente de confidentialité », a-t-il souligné. Mais 10 milliards de dollars en 20 ans est un « bon ordre de grandeur », selon lui. Cela équivaut à 500 millions de dollars par an.

Le seuil de rentabilité de l’hydroélectricité s’élève à un peu moins de 3 cents le kilowattheure, en fonction d’un coût de production estimé à environ 2 cents le kilowattheure et à 0,6 à 0,9 cent pour le transport, estime-t-il.

« Le coût moyen de production d’Hydro-Québec est d’environ 3 cents et toute vente au-delà de 3 cents constitue une rentabilité pour Hydro-Québec », renchérit le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec, Pierre Moreau.

Hydro-Québec s'attend à une décision favorable de la part de l'Office national de l'énergie, qui doit se prononcer sur le projet au cours des prochaines semaines.

Le projet Northern Pass a déjà obtenu le permis de la part de la Maison-Blanche. Il reste à obtenir l'aval de l'État du New Hampshire, où une partie de la ligne de transport électrique sera construite.

« Je n'ai aucun doute sur la qualité des relations que nous avons avec le New Hampshire », a assuré le ministre Pierre Moreau.

Hydro-Québec prévoit commencer la construction de sa portion de la ligne Northern Pass en 2018. Cette ligne permettra de relier les réseaux électriques du Québec et du New Hampshire, pour ensuite les connecter à ceux conduisant au Massachusetts.

Son partenaire américain, Eversource Energy, se chargera de la construction de la portion de la ligne aux États-Unis.

Certaines parties de la ligne Northern Pass seront enfouies dans le sol. Les États-Unis paieront les frais pour la construction de la ligne sur leur territoire tandis qu'Hydro-Québec paiera pour la partie de la ligne qui sera enfouie sous la forêt Hereford, en Estrie.

Le ministre Moreau assure toutefois que « les coûts additionnels pour la construction de cette ligne-là sont refilés dans le coût de vente aux États-Unis. Il n'y a donc aucun effet négatif sur les tarifs au Québec ».

Pas de baisses de tarifs en vue

Les hausses de revenus de la société d'État ne se traduiront pas par une baisse de tarifs pour les Québécois, a par ailleurs affirmé Éric Martel.

Hydro-Québec s’est engagée à augmenter sa rentabilité et à ne pas augmenter les tarifs au-delà de l’inflation, a-t-il souligné. Ce contrat lui permettra de respecter ces engagements.

« Je pense que c’est un très bon contrat qui nous laisse les portes ouvertes dans l’avenir », a réagi Jean-Marc Carpentier, analyste en énergie, sur les ondes d'ICI RDI.

« L’hydroélectricité est une ressource naturelle, a-t-il expliqué. Il y a avantage à la mettre en valeur si on est capable de la produire à bon coût, dans un contexte environnemental acceptable, et qu'on est capable de la vendre avec profit. »

Or, il ne croit pas que le contrat Northern Pass permettra à Hydro-Québec d’atteindre son objectif de doubler ses revenus d'ici 2030. Ces revenus se chiffrent actuellement à environ 13,3 milliards de dollars.

« Ce n’est pas évident que [les exportations], c’est toujours rentable. Le nerf de la guerre, c’est le prix et le marché. […] On ne connaît pas le prix exact », a-t-il ajouté.

En 2016, les exportations ont représenté 16 % du volume des ventes nettes d’Hydro-Québec et généré 28 % des profits, soit 803 millions de dollars.

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