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Le coroner enquête sur le décès d'une jeune mère témoin de Jéhovah

Une enquête du coroner est en cours afin de faire la lumière sur la mort d'une jeune mère Témoin de Jéhovah morte des suites de son accouchement, mercredi, à l'Hôtel-Dieu de Lévis.

Éloïse Dupuis, âgée de 26 ans, nécessitait une transfusion sanguine à la suite de complications liées à son accouchement et est morte d'une hémorragie. Son enfant, un petit garçon, a survécu.

Le coroner Luc Malouin devra déterminer s'il y a eu erreur médicale et si Éloïse Dupuis avait exprimé clairement son refus de recevoir une transfusion sanguine, une procédure interdite selon la confession des Témoins de Jéhovah.

Le coroner doit notamment vérifier si la jeune femme a remis un avis signé dans lequel elle refusait toute transfusion, si elle a discuté avec son médecin, en somme, si elle a pris une décision éclairée.

Le déroulement des faits sera revu, depuis l'admission de la jeune femme le 6 octobre jusqu'à son décès le 12 octobre, presque une semaine plus tard.

La tante de la victime, Manon Boyer, a l'intention de porter plainte au Service de police de la Ville de Lévis pour négligence criminelle.

Cassandra Zélézen, une amie d'enfance d'Éloïse, s'interroge aussi sur les derniers moments de la jeune mère.

« Je suis un peu sous le choc. Je ne comprends pas que personne n'ait été avisé. Je ne comprends pas comment on peut laisser mourir une fille de 26 ans qui rêve d'avoir une famille depuis longtemps. Ça fait une semaine la douleur et l'agonie persiste et qu'ils la regardent mourir. »

Pour le spécialiste en droit médical Jean-Pierre Ménard, la question du libre consentement est au coeur du débat. Me Ménard rappelle que la loi permet à une personne majeure de refuser un traitement médical même si sa vie est menacée.

« Dans le cas des Témoins de Jéhovah, il y a une carte qui permet d'exprimer à l'avance la volonté de ne pas être transfusé si jamais il ne sont pas en mesure de l'exprimer. Les tribunaux ont déjà validé ces cartes-là », explique-t-il. 

Le professeur en droit et liberté à l'Université Laval Louis-Philippe Lampron rappelle quant à lui qu'un médecin ne peut pas agir contre la volonté d'un patient. « Dans ce contexte-là, que ce soit en raison de ces convictions religieuses, ou pour d'autres motifs, le fait qu'elle refuse la transfusion sanguine fait en sorte que le médecin peut rien faire », conclut-il. 

De son côté, l'Hôtel-Dieu de Lévis assure que dans des cas comme celui d'Éloïse Dupuis, un comité composé d'avocats et de médecins est mis sur pied pour s'assurer du libre consentement du patient à refuser les traitements suggérés.

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