Retour

Le corps de Salvador Dali exhumé pour un test de paternité

Vingt-huit ans après la mort de Salvador Dali, des experts en médecine légale ont effectué jeudi des tests d'ADN sur la dépouille de ce peintre surréaliste.

L'exhumation de la dépouille de l'artiste espagnol a été ordonnée en juin dernier par la justice, qui a décidé que le prélèvement se fera sur « des restes osseux et/ou des pièces dentaires », selon un document judiciaire.

« À 22 h 20 [heure locale], le cercueil où se trouve Salvador Dali a été ouvert et [les experts] ont commencé à travailler avec les restes mortels afin d'extraire des prélèvements biologiques », a annoncé la Cour d'appel de Catalogne, dans un communiqué.

La décision prise par une juridiction civile espagnole est motivée par la quête de vérité sur un éventuel lien de paternité entre Salvador Dali et Maria Pilar Abel, une femme de 61 ans qui affirme que l’artiste fantasque est son père biologique.

Le fait que la dépouille de Dali soit embaumée facilitera sans doute la tâche d’extraire l’ADN, selon l’avocat Miguel Domenech. L’opération est menée à l’abri des regards.

« Je vis cette journée avec émotion, cela me rappelle le jour de sa mort [...] Aujourd'hui Dali est ravi, c'est une journée à la mesure de sa personne », a déclaré à l'AFP Marià Lorca, qui était le maire de la localité de Figueres quand Dali est mort.

Procès en septembre

L'échantillon prélevé sera transmis à l'Institut de toxicologie de Madrid pour être comparé à celui de Pilar Abel. Les résultats des tests d'ADN seront connus plus tard.

Ils doivent être présentés lors du procès prévu le 18 septembre, selon Enrique Blanquez, l'avocat commis d'office de la plaignante.

Mme Pilar Abel, cartomancienne née en 1956 à Figueres en Catalogne, la ville natale de Dali, évoque une relation extraconjugale entre le célèbre peintre et sa mère, qui était alors employée de maison.

À cette époque, Salvador Dali était déjà marié avec Gala, avec laquelle il a vécu jusqu’au décès de cette dernière en 1982. Le couple n’avait pas d’enfants.

« Je veux juste connaître la vérité, et c'est tout », s’est défendue mercredi Pilar Abel, qui est née et a grandi à Figueres, la ville où Dali est né en 1904 et y est mort en 1989.

Elle a assuré lutter depuis dix ans pour obtenir cette reconnaissance et avoir déjà réalisé trois tests d'ADN, dont les résultats ne lui sont pas parvenus.

Si les tests prouvaient sa filiation, elle pourrait utiliser le nom de l’artiste et réclamer, selon son avocat, 25 % de son héritage, entièrement cédé à l'État espagnol.

Ce patrimoine artistique comprend des centaines d'œuvres d'art, dont 250 signées par le peintre des horloges molles, mais aussi des propriétés en Catalogne. Son avocat à l'époque avait estimé sa valeur à 136 millions de dollars.

Pilar Abel a fait parler d’elle en 2005, lorsqu'elle a poursuivi l'écrivain Javier Cercas pour 600 000 euros, affirmant qu’il l’avait prise comme modèle et insultée en créant son personnage de Conchi, prophétesse de son roman Soldados de Salamina. Sa demande avait été rejetée par le tribunal, qui avait jugé que Conchi était bien un personnage de fiction et que l’écrivain ne connaissait même pas Mme Abel.

Plus d'articles

Commentaires