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Le décrochage scolaire encore plus répandu qu'on le croyait dans les réserves autochtones

Nouveau rapport du bureau du vérificateur général (BVG) du Canada, nouvel échec pour Services aux Autochtones Canada, ministère chargé de gérer le soutien fédéral aux membres des Premières Nations qui vivent dans les réserves, qui, apprend-on cette fois, sous-estime largement le phénomène du décrochage scolaire dans les réserves.

Le but de cet audit du BVG était de mesurer le bien-être socio-économique dans les réserves. Puisque l’éducation est un élément essentiel à l’amélioration du bien-être, c’est cet aspect qu’a analysé le BVG afin de rendre compte de la réalité.

Et cette réalité n’est pas rose.

Le BVG souligne à gros traits dans son rapport publié mardi que Services aux Autochtones Canada fait un piètre travail avec les données à sa disposition.

L’écart en matière d’éducation entre les 509 016 personnes qui habitent dans les réserves et les autres Canadiens s’est creusé depuis 15 ans soutient le BVG.

Le ministère a, de son côté, surévalué le taux d’obtention d’un diplôme d’études secondaires des élèves des Premières Nations qui vivent dans les réserves. Pour ce faire, il excluait le décrochage précoce, entre la 9e et la 11e année, de sa méthode de calcul.

De 2011 à 2016, les calculs du BVG indiquent que ce sont 24 % des étudiants qui ont obtenu un diplôme d'études secondaire, et non pas 46 %, comme les chiffres du ministère l’indiquent.

« Services aux Autochtones Canada devrait s’assurer que les données qu’il communique sur les résultats des Premières Nations en matière d’éducation sont complètes et exactes », écrit sobrement le BVG dans son rapport.

Des écarts socio-économiques

Plus largement, le chapitre consacré aux Premières Nations du rapport du BVG portait sur les écarts socio-économiques entre les membres des Premières Nations qui vivent dans les réserves et les autres Canadiens.

Le BVG a conclu que de façon générale, Services aux Autochtones Canada ne mesure pas de manière satisfaisante les progrès accomplis par le Canada en vue de combler ces écarts et que le ministère n’en fait pas fait dûment rapport.

Par exemple, le BVG indique que le principal outil de Services aux Autochtones Canada pour mesurer le bien-être socio-économique dans les réserves est l’Indice du bien-être des collectivités, mais que cet outil n’est pas complet puisqu’il ignore plusieurs aspects importants pour les membres des Premières Nations, tels que la santé, l’environnement, la langue et la culture.

Afin que les collectivités des Premières Nations puissent améliorer leurs résultats en matière d’éducation, par exemple, il est important, insiste le BVG, que le ministère utilise des données complètes et exactes pour prendre des décisions éclairées.

Ce rapport nous montre que nous n’en sommes toujours pas là.

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