Justin Trudeau se rendra à Fort McMurray aujourd'hui pour constater l'ampleur des dommages dans certains quartiers touchés par le feu de forêt. La catastrophe accentue la pression sur son gouvernement pour qu'il offre davantage d'aide financière à l'Alberta.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Depuis la victoire électorale de son parti, Justin Trudeau s'est rendu à maintes reprises en Alberta. La chute des prix du pétrole a terni l'économie de la province. Les feux de Fort McMurray rajoutent à la morosité.

Avant même que Justin Trudeau se rende en Alberta, tout était en place. La chef de l'opposition Rona Ambrose a visité des sinistrés des feux, en réitérant une demande qu'elle avait déjà formulée à la Chambre des communes la semaine dernière.

Le gouvernement libéral, dont le ministre de l'Infrastructure est un député de la région d'Edmonton, sera donc surveillé de près par l'opposition sur la manière dont l'Alberta bénéficiera des investissements dans les infrastructures.

Flexibilité sur l'assurance-emploi

Il n'y a pas que l'opposition qui a élevé les attentes, la première ministre albertaine aussi.

La néo-démocrate Rachel Notley ne pouvait être plus claire quand, cette semaine, elle a été invitée à commenter le passage du premier ministre fédéral dans sa province.

Dans son précédent budget, le gouvernement Trudeau a simplifié les règles d'accessibilité aux prestations de l'assurance-emploi dans certaines régions du pays, dont le nord de l'Alberta. 

La région de la capitale albertaine ne faisait pas partie de ces nouveautés. Depuis le budget, les chiffres de l'emploi se sont détériorés à Edmonton. Le professeur de sciences politiques à l'Université de l'Alberta, Frédéric Boily, croit que de modifier ces règles est une solution simple pour le gouvernement Trudeau, surtout « vu le nombre de personnes à la recherche d'emploi qui sont arrivées à Edmonton ».

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici. 

Pression pour des oléoducs

Malgré l'intention du gouvernement albertain et de représentants de l'industrie de relancer rapidement l'exploitation pétrolière, certains croient que les dommages des feux se feront sentir à moyen et long terme.

Ces conséquences économiques, en plus de celles liées à la chute des prix du pétrole, viennent accentuer la pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il offre un coup de main au secteur énergétique, selon le politologue Frédéric Boily.

« On va se poser des questions sur cette industrie-là et ça va passer par certains projets de pipelines », explique le professeur. 

Feu de forêt à Fort McMurray

La première ministre albertaine Rachel Notley vante depuis des mois les bénéfices de construire un oléoduc pour éventuellement exporter du pétrole albertain vers des marchés extérieurs. Si certains estiment que la catastrophe naturelle à Fort McMurray va inciter le fédéral à être plus conciliant à l'endroit des entreprises énergétiques, certains croient que ce n'est pas le feu qui doit encourager Ottawa à agir.

« Il ne faut pas qu'ils le fassent par pitié », explique l'évacué de Fort McMurray Guillaume Thibault, qui travaille dans le secteur énergétique. Bien qu'il croie qu'un nouvel oléoduc puisse aider Fort McMurray, il estime que, si Ottawa doit approuver un projet d'oléoduc, les bénéfices économiques devront être positifs pour l'ensemble du Canada.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine