Passer un test de dépistage du VIH en quelques minutes. C'est ce qu'offrait l'organisme SIDA Moncton mercredi en l'honneur de la toute première journée nationale de dépistage de cette maladie.

Un texte d'Alix Villeneuve

Tout au plus quelques gouttes de sang sont nécessaires pour passer ce test. Il s’apparente au test de sucre pour les diabétiques, explique la directrice générale de SIDA Moncton, Debby Warren.

Le résultat est déterminé en l’espace de quelques minutes. Il s’agit d’une grande avancée pour réduire le stress lié à ce type de test, juge la directrice.

Des journées de tests ont été organisées aussi à Fredericton et à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. La fiabilité de ce test-minute est évaluée à 99,6 %.

Toutefois, il est recommandé de faire une vérification supplémentaire si le dernier comportement à risque est survenu il y a moins de trois mois, explique-t-elle.

Être séropositif sans le savoir

Le test de dépistage du VIH n’est habituellement pas effectué lors des évaluations de santé annuelles, souligne la directrice générale, d’où l’importance de le faire une fois de temps en temps.

Les gens vont voir le docteur pour avoir leur test de cholestérol ou leur niveau de sucre. Mais ils ne demandent pas d’être vérifiés sur les maladies transmises sexuellement, raconte-t-elle.

Une telle vérification de routine, si elle omet de vérifier ces maladies, peut donner la fausse impression d'être en santé, précise Debby Warren.

Environ 20 % des personnes infectées par le virus du sida au Canada l’ignorent et ne se font pas tester.

Combattre la pression sociale

Un stigma autour de la maladie du VIH et du simple fait de passer un test de dépistage fait hésiter plusieurs personnes à consulter des cliniques, explique Janine LeBlanc.

Elle trouve dommage que les personnes séropositives soient victimes du jugement des autres, explique-t-elle.

Est-ce qu’on va se faire repousser, est-ce qu’on va perdre notre emploi, est-ce qu’on va perdre le soutien des membres de notre famille?, sont des questions que plusieurs séropositifs doivent affronter, affirme-t-elle.

De passage à RDI, le Dr Réjean Thomas, président-directeur général de la clinique L’Actuel soulignait qu’il y a eu des progrès médicaux dans les dernières décennies.

Maintenant, les personnes atteintes du sida ne meurent plus de cette maladie. Il existe même un médicament, le « PrEP », qui réduit presque à néant les risques de contagion, explique le docteur.

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