Retour

Le directeur du budget prévoit un déficit de 1 milliard à Ottawa

Les surplus annoncés par les conservateurs sont en voie de se transformer en déficit, estime le directeur parlementaire du budget, Jean-Denis Fréchette.

Dans son rapport déposé mercredi matin, M. Fréchette conclut que l'année 2015-2016 se soldera par un déficit de 1 milliard de dollars et non par le surplus de 1,4 milliard prévu par le gouvernement Harper dans son budget d'avril dernier.

Les calculs du directeur parlementaire du budget sont basés sur les perspectives les plus récentes publiées par la Banque du Canada, qui a revu à la baisse, la semaine dernière, ses prévisions de croissance économique pour 2015 à 1,1 %. Plus tôt cette année, elles étaient de 1,9 %.

Son bureau, qui est indépendant du gouvernement, a procédé à une mise à jour des prévisions budgétaires du gouvernement à la demande de deux députés, le libéral Scott Brison et le néo-démocrate Nathan Cullen.

Il a considéré trois facteurs : l'état actuel de l'économie, l'impact de l'inflation et les effets de la baisse des taux d'intérêt, et a tenu compte du fonds de contingence annuel de 1 milliard de dollars mis de côté pour les imprévus.

Le déficit de cette année sera suivi lors des deux prochaines années de surplus de 600 millions de dollars, puis de 2,2 milliards de dollars, prévoit M. Fréchette. Le gouvernement Harper avait plutôt prédit des surplus de 1,7 milliard en 2016-2017 et de 2,6 milliards en 2017-2018.

« Sur un budget de 300 milliards de dollars, il faut comprendre que c'est un trait de crayon qui pourrait être éliminé facilement, d'un côté comme de l'autre », nuance cependant M. Fréchette. Cela dépendra de la performance économique des prochains mois et des mesures mises en place.

Le gouvernement optimiste

Tentant de couper l'herbe sous le pied du directeur parlementaire du budget, le ministère fédéral des Finances a divulgué ses données financières pour avril et mai, moins d'une demi-heure avant la publication du rapport. Ottawa a réussi à dégager un excédent budgétaire de 3,9 milliards de dollars pour ces deux mois.

Ce surplus est principalement dû à la vente des dernières actions ordinaires de General Motors, estimées à 3,4 milliards de dollars, que détenait Ottawa.

Un porte-parole du premier ministre Stephen Harper interviewé par CBC n'a pas indiqué comment le gouvernement réussirait à maintenir l'excédent budgétaire par la suite sans revenus supplémentaires comme ceux générés par cette vente d'actions.

« Nous sommes toujours sur le cap d'un retour à l'équilibre budgétaire et les derniers mois nous indiquent que nous sommes sur la bonne direction puisque nous avons connu des surplus budgétaires », a indiqué le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney.

C'est grâce au surplus prévu que le gouvernement conservateur a pu mettre en œuvre toute une série de mesures fiscales promises aux citoyens.

Les prévisions plus sombres formulées par le directeur parlementaire du budget sont dévoilées au moment où les partis politiques tentent de vendre leurs politiques économiques aux électeurs à l'approche du 19 octobre.

Les partis politiques de l'opposition n'ont d'ailleurs pas tardé à tirer à boulets rouges sur le gouvernement Harper.

« M. Harper croit que le gouvernement fédéral n'a aucun rôle à jouer dans l'économie et on voit le résultat. Il a choisi les gagnants. Il a choisi le secteur pétrolier et gazier et on voit qu'avec la chute des prix, il a fait un mauvais pari », a déploré le chef néo-démocrate Thomas Mulcair.

« Ils avaient la chance d'équilibrer le budget, mais ce n'était que sur papier », a renchéri le député libéral de Bourassa, Emmanuel Dubourg.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une tempête de neige au Colorado rend la conduite difficile





Rabais de la semaine