L'écrivain et dramaturge Marcel Dubé, qui a écrit pour la radio, la télévision et la scène, dont Un simple soldat, est décédé.

Marcel Dubé a signé plus de 300 oeuvres, dont une vingtaine de téléthéâtres (Le monde de Marcel Dubé), une trentaine de pièces ainsi que trois émissions, La côte de sable, De 9 à 5 et La vie promise, diffusées à Radio-Canada.

Un simple soldat figure au nombre de ses textes les plus marquants. Classique de la dramaturgie québécoise, Un simple soldat, qui raconte l'histoire d'un soldat démobilisé avant d'avoir pu combattre à la Seconde Guerre mondiale, a été écrit et présenté sous la forme d'un téléthéâtre en 1957, avant d'être monté au théâtre l'année suivante.

Un des auteurs québécois les plus prolifiques des années 50 et 60, Marcel Dubé a marqué toute une génération de téléspectateurs avec ses téléthéâtres. C'est en 1952, avec sa pièce De l'autre côté du mur, que Marcel Dubé connaît son premier succès.

Ce n'est toutefois que l'année suivante, avec Zone, que le dramaturge se fait véritablement connaître. La pièce remporte le Grand Prix du défunt Festival national d'art dramatique. Déjà à cette époque, l'univers de Marcel Dubé est campé dans un milieu populaire, comme celui où il a grandi.

À une époque où les théâtres québécois présentaient surtout les grandes pièces du répertoire français, Marcel Dubé contribue à l'émergence d'une dramaturgie québécoise. Il a notamment signé les pièces Bilan (1960), Zone (1953), Florence (1956), Au retour des oies blanches (1966) et Le temps des lilas (1958). Ses thèmes de prédilection sont la famille, la religion et l'échec.

À la fin des années 60, Marcel Dubé commence à décrire un nouvel univers, celui de la bourgeoisie. Un milieu qu'il dépeint sans pitié : un monde fait d'ennui, de désillusions et de trahisons.

Mais en 1968, l'arrivée de nouveaux dramaturges, comme Michel Tremblay, le relègue au second plan. Marcel Dubé sera ensuite affaibli par une longue maladie.

Après avoir passé de nombreuses années dans l'oubli, le milieu théâtral lui a rendu hommage au milieu des années 90.

Marcel Dubé a agi à titre de président du Conseil de la langue française. Il a obtenu en 2005 le Prix du Gouverneur général du Canada pour les arts de la scène.

Le dramaturge a été fait Officier de l'Ordre national du Québec en 1993.

Albert Millaire pleure le « Tennessee William québécois ».

S'exprimant sur les ondes d'Ici RDI, le comédien et metteur en scène Albert Millaire s'est dit attristé par la mort de ce grand dramaturge qui était aussi son ami. « C'est tout un grand pan de notre histoire dramatique qui fout le camp », s'est-il exclamé, soulignant que Marcel Dubé a fait figure de pionnier.

« Il a beaucoup souffert », rappelle-t-il, ajoutant qu'il avait transmis cette souffrance et sa « sensibilité extraordinaire » dans ses écrits.

M. Millaire, qui fréquentait à une époque les théâtres de New York voyait une parenté avec les écrits de Marcel Dubé. « Je me disais : "c'est formidable! Marcel ressemble à l'Amérique. C'est un auteur américain, tout en étant un auteur montréalais. »

« Pour moi, il était notre Tennessee William québécois », résume-t-il.

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