Hillary Clinton semble désormais la seule qui puisse freiner l'élan de Donald Trump vers la Maison-Blanche. Aucun candidat à l'investiture républicaine n'a réussi à ébranler la campagne de celui qui a longtemps été perçu comme un populiste qui n'arriverait pas à s'imposer au sein du parti républicain.

Un texte de Bruno Maltais

Même si Hillary Clinton et Donald Trump étaient déjà donnés gagnants du super mardi par les observateurs, « la surprise est que Trump arrive à s'imposer aussi facilement », explique Frédérick Gagnon, directeur de l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand. « Personne n'avait prédit cela il y a quelques mois. »

« Ted Cruz peut bien dire qu'il a gagné le Texas et l'Oklahoma, mais ses victoires ont l'air de prix de consolation », estime Frédérick Gagnon.

Quant à Marco Rubio, que plusieurs voyaient comme un rassembleur de l'establishment du parti républicain, il a finalement réussi à arracher le Minnesota.

Du côté démocrate, « Hillary Clinton a gagné plusieurs États importants dans le sud, en partie parce qu'elle a davantage la cote auprès des deux principales minorités américaines, c'est-à-dire les Afro-Américains et les Latino-Américains », analyse Frédérick Gagnon.

Bernie Sanders a néanmoins remporté le Vermont, le Minnesota, l'Oklahoma et le Colorado. « Ces victoires importantes lui permettent en principe de dire qu'il reste compétitif devant Hillary Clinton », ajoute-t-il.

Mais « il commence à se faire faire tard pour Bernie Sanders et son rôle dans la course se limitera probablement à influencer le programme électoral démocrate en vue de la présidentielle de novembre », estime le spécialiste de la politique américaine.

 

« Un peu comme Sanders, Cruz prouve qu'il peut gagner, mais uniquement dans une poignée d'États où l'électorat lui est naturellement favorable, comme en Iowa, où il y a une base républicaine qui s'appuie sur le conservatisme moral, au Texas qui est l'État de Cruz, et en Oklahoma, qui est l'État voisin », explique le professeur Gagnon.

Un clivage socioéconomique

Au-delà des résultats par État, « le plus surprenant, c'est de voir à quel point les groupes religieux ne jouent pas de rôle décisif cette année chez les républicains », selon Karine Prémont, professeure de science politique à l'Université de Sherbrooke et chercheuse à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.

« À la fois les catholiques modérés du nord - par exemple au Massachusetts - et les évangéliques du sud - comme en Georgie - votent de manière importante pour Trump », souligne-t-elle.

« C'est, je pense, ce qui peut expliquer qu'un candidat comme Trump remporte des États aussi différents sur le plan sociodémographique », estime Karine Prémont.

« Après le super mardi, on peut s'attendre à ce que les meneurs des deux partis augmentent les attaques entre eux », prévoit Karine Prémont.

La chercheuse rappelle que « d'autres États importants se prononceront le 15 mars - dont la Floride, l'Illinois et l'Ohio - et qu'à partir de ce moment, près de 60 % des délégués des partis auront alors été attribués, ce qui pourrait signifier la fin de la course, à la fois chez les démocrates et les républicains ».

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