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Le FBI confirme qu'il enquête sur une possible « coordination » entre des proches de Trump et Moscou

Le Federal Bureau of Investigation (FBI) enquête bel et bien sur les tentatives d'ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016, et notamment sur une possible « coordination » entre des membres de l'équipe de Donald Trump et Moscou, a confirmé lundi son directeur, James Comey.

« J'ai reçu l'autorisation du ministère de la Justice de confirmer que le FBI, dans le cadre de notre mission de contre-espionnage, enquête sur les tentatives du gouvernement russe de s'ingérer dans l'élection présidentielle de 2016 », a déclaré James Comey devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants.

« Cela comprend des enquêtes sur la nature de tout lien entre des personnes liées à l'équipe de campagne de Trump et le gouvernement russe, et pour déterminer s'il y a eu coordination entre la campagne et les efforts russes », a ajouté le patron de la police fédérale. L'enquête cherchera notamment à établir si des crimes ont été commis, a-t-il précisé.

L'annonce publique d'une enquête de la police fédérale est un événement rare. Normalement, le FBI refuse même de confirmer que des enquêtes sont en cours.

M. Comey est néanmoins demeuré avare de détails. Il a révélé que les enquêtes en cours ont commencé « fin juillet », soit en pleine campagne électorale, mais il a refusé de citer des noms ou de s'avancer sur la teneur des communications entre certains proches de M. Trump et des Russes.

M. Comey et le directeur de l'Agence de sécurité nationale (NSA), l'amiral Michael Rogers, également convoqué par la commission, disent cependant n'avoir aucune preuve que l'intervention de pirates russes a permis de modifier les résultats dans des États-clés, comme le Michigan, la Pennsylvanie, le Wisconsin, la Floride, la Caroline du Nord ou l'Ohio.

La Maison-Blanche n'a pas tardé à réagir à ces témoignages. « Rien n'a changé », a assuré un responsable sous le couvert de l'anonymat. « Les hauts responsables du renseignement sous Barack Obama ont officiellement confirmé qu'il n'existait aucune preuve de collusion, et il n'y a pas de preuve d'un scandale Trump-Russie », a-t-il fait valoir.

Aucune preuve d'une écoute électronique ordonnée par Obama

Le directeur du FBI a par ailleurs contredit lundi le président Trump, qui a accusé son prédécesseur Barack Obama d'avoir mis la Trump Tower sur écoute pendant la campagne présidentielle de 2016, mais sans fournir la moindre preuve.

En ce qui concerne les tweets du président sur des écoutes présumées qu'aurait menées la précédente administration, je ne dispose d'aucune preuve permettant de les étayer.

James Comey, directeur du FBI

« Nous avons mené des recherches minutieuses au sein du FBI, a-t-il ajouté. Le département de la Justice m'a demandé de vous dire que, pour lui, la réponse est identique : le Département n'a aucun renseignement qui permette d'aller dans le sens de ces tweets. »

« Aucun président ne pourrait » ordonner de telles écoutes, a encore dit le directeur du FBI, soulignant la « rigueur » de la procédure juridique pour mettre sur écoute des citoyens américains, qui nécessite la signature d'un juge spécialisé.

L'entourage de Barack Obama avait catégoriquement démenti les accusations de Donald Trump.

La NSA n'a pas demandé aux espions britanniques d'espionner Trump

L'amiral Rogers a également nié que Washington ait pu demander aux services d'espionnage britanniques d'espionner Donald Trump, comme l'avait insinué sur Fox News un commentateur conservateur. Cette information avait été récupérée par le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, la semaine dernière.

« Je n'ai rien vu du côté de la NSA au sujet d'une telle activité, et personne ne nous a demandé de mener une telle activité », a assuré Mike Rogers, avant de mentionner qu'une telle requête aurait été dommageable pour les liens entre Washington et Londres.

Londres a fait savoir la semaine dernière qu'il était « ridicule » d'imaginer que Barack Obama ait demandé aux services britanniques d'espionner Donald Trump.

Le président Trump n'a pas publiquement commenté ces développements. Avant le début de l'audition, lundi matin, il a accusé les démocrates de fabriquer toutes ces histoires de liens entre sa campagne et la Russie.

« Les démocrates ont fabriqué et mis en avant cette histoire russe comme une excuse pour leur mauvaise campagne », a-t-il écrit dans un premier tweet. « La véritable histoire sur laquelle le Congrès, le FBI et les autres doivent se pencher concerne la fuite d'informations classifiées », a-t-il écrit un peu plus tard dans un deuxième message. « Il faut trouver l'auteur maintenant! »

Tout juste avant l'audition, le président en a rajouté, toujours sur Twitter : « Qu'en est-il des contacts entre la campagne de Clinton et les Russes? Aussi, est-il vrai que le DNC [Democratic National Committee] n'a pas laissé le FBI regarder ça? »

Lors de son témoignage, l'amiral Rogers a noté que ce sont les démocrates qui se sont fait voler des informations par des pirates informatiques, et que la NSA n'a aucune preuve que les républicains ont subi le même sort.

Des problèmes qui s'accumulent

Les soupçons d'ingérence russe dans le scrutin présidentiel américain pèsent sur le climat politique depuis de nombreuses semaines. La Russie rejette ces accusations.

Le premier conseiller à la sécurité nationale de M. Trump, Michael Flynn, a été contraint à la démission en février pour avoir omis de faire part de contacts avec l'ambassadeur de Russie aux États-Unis avant l'investiture du président le 20 janvier.

La semaine dernière, de nouvelles informations ont fait surface à propos d'une somme de plus de 65 000 $ que des sociétés liées à la Russie ont versée à Michael Flynn en 2015.

Le secrétaire à la Justice, Jeff Sessions, a quant à lui été obligé de se récuser de l'enquête de son département sur la campagne électorale après avoir passé sous silence, lors de son audition au Sénat en vue de sa confirmation, deux rencontres avec l'ambassadeur russe Sergueï Kislyak avant l'élection.

Beaucoup d'élus républicains ou démocrates du Congrès reprochent aux agences de renseignement de ne pas leur avoir fourni suffisamment d'informations sur les liens présumés de la campagne Trump avec la Russie ainsi que sur les accusations de M. Trump au sujet de l'écoute électronique de la Trump Tower.

Plusieurs autres républicains ont demandé ces derniers jours à Donald Trump de s'excuser pour les accusations qu'il a lancées au fil d'une série de tweets le 4 mars. Dans un des messages, il alléguait que le président Barack Obama avait mis la Trump Tower sous écoute avant les élections présidentielles de novembre 2016.

« Je me serais excusé, mais je ne suis pas le président », a dit en entrevue à CNN le représentant républicain Peter King, qui est également membre de la commission du renseignement de la Chambre des représentants. Il a ajouté que Donald Trump n'aurait jamais dû accuser Barack Obama.

Afin de mettre de la pression, des membres des deux partis menacent de retarder les auditions de confirmation des membres de l'administration tant qu'on ne répondra pas à leurs requêtes d'information.

La commission du Sénat sur le renseignement a aussi annoncé une audience publique le 30 mars relativement aux activités de la Russie au cours de la dernière année. La liste des témoins ne comprend pas encore de responsables du gouvernement.

La commission de la Chambre organisera quant à elle une deuxième audience publique le 28 mars en présence d'anciens hauts responsables, dont l'ex-directeur du renseignement James Clapper et l'ex-directeur de la CIA John Brennan.

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