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Le FBI ouvre une enquête sur les événements de Charlottesville

Le calme semble être revenu à Charlottesville et le FBI a ouvert une enquête sur les affrontements violents entre suprémacistes blancs et contre-manifestants antiracistes ayant causé la mort d'au moins trois personnes, samedi.

La police fédérale sera appuyée par la police de l’État de Virginie.

Quatre personnes ont été interpellées après ces violences, dont James Fields, un jeune homme de 20 ans originaire de l'Ohio, qui est soupçonné d'avoir précipité sa voiture dans la foule de manifestants antiracistes, tuant une femme de 32 ans et blessant 19 personnes, dont cinq sont dans un état grave. L'homme est notamment accusé de meurtre au deuxième degré.

La police n'a pour l'instant pas fourni d'explication à cet acte, mais les services du procureur et le FBI ont ouvert une enquête, a indiqué le bureau local de la police fédérale américaine.

Le maire de Charlottesville, Michael Signer n'a pas hésité à qualifier l'attaque de terroriste. « C'est clairement une attaque terroriste avec une voiture utilisée comme arme », a-t-il déclaré au réseau NBC.

En entrevue avec l'Associated Press, la mère de l'accusé, Samantha Bloom, a raconté avoir été prévenue par son fils qu'il participerait à une manifestation, mais elle ignorait qu'il s'agissait d'un rassemblement de suprémacistes blancs.

« Je croyais que cela avait un lien avec [Donald] Trump qui n'est pas un suprémaciste blanc », a-t-elle expliqué en ajoutant qu'elle serait très surprise d'apprendre que les opinions politiques de son fils soient si extrêmes. « Il avait un ami afro-américain », a-t-elle ajouté.

Ces incidents constituent un véritable défi politique pour Donald Trump, vivement critiqué à gauche comme à droite pour avoir tardé à réagir aux événements et pour ne pas avoir condamné explicitement les manifestants blancs racistes à l'origine des désordres.

Quelques heures après le début des affrontements, le président américain a tweeté que les incidents de Charlottesville avaient impliqué « diverses parties ». En ne dénonçant pas explicitement les suprémacistes blancs, Donald Trump s’est attiré les critiques de la classe politique américaine.

« Monsieur Trump – nous devons nommer ce mal comme il se doit. Ces gens étaient des suprémacistes blancs et il s’agit de terrorisme en sol américain », a écrit sur Twitter le sénateur du Colorado Cory Gardner.

Pour sa part, le sénateur de la Floride, Marco Rubio, a indiqué « qu’il n’y a rien de patriotique dans le nazisme, le KKK [Ku Klux Klan] ou le suprémacisme blanc. C’est l’inverse de ce que l’Amérique souhaite être. »

Dimanche matin, la fille du président, Ivanka Trump, a publié sur Twitter un message s'attaquant directement aux groupes suprémacistes.

« Il ne devrait pas y avoir de place dans notre société pour le racisme, le suprémacisme blanc et les néonazis », a-t-elle écrit.

Voulant limiter la polémique, la Maison-Blanche a réagi dimanche en précisant que Donald Trump avait inclus dans sa condamnation des violences « les suprémacistes blancs, le KKK [Ku Klux Klan], les néonazis et tous les groupes extrémistes ».

Or la ville étudiante ne semble pas en avoir terminé avec l’extrême droite, a annoncé l’organisateur de la manifestation « Unifier la droite ».

« Nous allons effectivement avoir de nouvelles manifestations à Charlottesville parce que nos droits constitutionnels sont bafoués », a déclaré un blogueur nationaliste blanc connu des organisations de défense des droits civiques, Jason Kessler.

Kessler avait organisé le rassemblement de samedi afin de protester contre le projet de retrait de la statue du général confédéré Robert E. Lee dans un parc de la ville.

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