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Le fédéral doit en faire plus pour les femmes, plaide Lise Payette

L'ex-ministre péquiste Lise Payette déplore que les préoccupations des femmes soient ignorées par la grande majorité des politiciens depuis le début de la campagne électorale fédérale de 2015.

Un texte de Jérôme Labbé

Invitée à prendre la parole samedi lors d'un dîner-conférence à l'Institut du Nouveau Monde (INM), celle qui fêtera ses 84 ans dans deux semaines a appelé les différents partis à prendre position de manière claire sur les enjeux qui touchent les femmes.

Sans appuyer un parti en particulier, Mme Payette a dénoncé l'idéologie du Parti conservateur, accusant notamment le gouvernement sortant d'avoir fait preuve d'électoralisme en envoyant un chèque aux familles quelques jours avant le déclenchement des élections. La militante féministe de longue date juge qu'une telle mesure ne répond pas aux besoins des femmes.

« Je pense qu'il faut voter sur ce qu'on entend, pas nécessairement juste des promesses en argent. Ça se fait beaucoup. C'est même un peu vexant. Ils n'ont plus aucune retenue. Ils nous offrent de l'argent pour acheter des votes. C'est tellement évident que ça fait pitié. Il y a quelque chose d'un peu dégoûtant par rapport à la démocratie qu'on voudrait avoir », regrette-t-elle.

« On encourage les femmes à rester au foyer, à élever des enfants... On encourage tout ce qui est traditionnel chez les Canadiens anglais, mais ça ne concerne pas beaucoup les femmes du Québec, constate-t-elle. On n'est jamais préoccupé par les besoins des femmes; on est préoccupé par les besoins des familles. Ce n'est pas pareil. »

Les femmes d'abord, le pays ensuite

Pour Lise Payette, aucun parti n'arrive à se démarquer sur les questions qui intéressent les femmes, ou du moins qui permettraient à celles-ci de faire des gains en matière d'équité. Même si elle se dit toujours « farouchement indépendantiste », l'ex-ministre ne se reconnaît plus dans les formations politiques d'aujourd'hui.

« Je n'ai pas besoin d'appartenir à un parti; j'ai besoin de savoir ce qu'ils proposent. Quand je dis que je suis davantage en faveur des femmes, c'est que c'est ma principale préoccupation. Le pays vient tout de suite après. Je suis indépendantiste depuis si longtemps maintenant que ce serait ridicule de dire autre chose. Mettons-les sur un pied d'égalité. »

Ses critiques ciblent également les politiciens québécois. La récente proposition des jeunes libéraux d'encourager les femmes à faire plus d'enfants l'a sidérée.

« J'ai cru retourner en arrière de 80 ans. Ce n'est pas vrai que ça va fonctionner comme ça.  [...] Quand on sera prêtes à faire des enfants et à les élever, on les aura. Mais ce n'est pas un gouvernement qui va nous fournir des raisons monétaires de faire des enfants », a-t-elle protesté.

Le dîner-conférence, qui portait sur le féminisme, avait été organisé dans le cadre de l'École d'été de l'INM, qui avait lieu à Laval cette année. La militante de Québec solidaire Émilie Guimond-Bélanger avait aussi été invitée pour parler de la réalité des femmes en politique en 2015.

Avec la collaboration d'Olivier Arbour-Masse

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