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Le fédéral présente des excuses pour les Dénés sayisi déplacés en 1956

Le gouvernement fédéral a prononcé officiellement des excuses à l'égard d'une communauté des Premières Nations du nord du Manitoba, les Dénés sayisi, qui a été déplacée de façon forcée il y a 60 ans.

Un dédommagement de 33,6 millions de dollars sera également versé. Le déplacement forcé avait plongé plusieurs membres de la communauté dans la pauvreté, la famine et la violence.

La ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, s'est rendue à Tadoule Lake, mardi, pour présenter personnellement les excuses du gouvernement. Elle prendra également part à un événement mercredi au Musée canadien des droits de la personne de Winnipeg.

Environ 250 résidents établis autour du lac Little Duck ont été forcés de déménager, en 1956, dans une zone aride près de Churchill. Selon le chef de la communauté, Ernest Bussidor, qui venait de naître au moment du déplacement forcé, de nombreux Dénés sayisi ont vécu un stress post-traumatique.

Le gouvernement manitobain de l'époque jugeait que les habitants déplacés posaient une menace pour les populations de caribous. Il a plus tard été prouvé que cette crainte était non fondée.

Dans le nouvel emplacement où les Dénés ont dû s'établir, la nourriture se faisait rare et les logements étaient inadéquats. Les nouveaux arrivants de l'époque ont par ailleurs subi des agressions de la part des habitants de Churchill.

« Sans consultation véritable, sans explication et sans planification adéquate, le gouvernement fédéral a déplacé votre peuple à Churchill d'abord, puis à North Knife River, le privant de l'usage des terres et des eaux dont il tirait sa subsistance à Little Duck Lake », a dit Carolyn Bennett.

Le gouvernement a accepté de verser un dédommagement de 33,6 millions de dollars. Cette somme permettra de soutenir le développement économique de la communauté. Le chef des Dénés sayisi a salué, mardi, le versement de cette somme, ajoutant toutefois que les excuses du fédéral auraient pu se présenter plus tôt.

« Je suis une personne âgée maintenant. J'ai 60 ans, [soit le temps] que le gouvernement a pris pour se lever et reconnaître qu'une mauvaise action avait été commise contre notre peuple », a fait valoir M. Bussidor.

L'Assemblée des premières nations (APN) s'est également réjouie de l'action entreprise par Ottawa. « Nous savons qu'aucune excuse ou compensation ne pourra jamais réparer la terrible épreuve et les pertes en vies humaines infligées aux Dénés sayisi, mais nous espérons que les événements d'aujourd'hui constituent un pas vers la guérison », a déclaré le chef de l'APN, Perry Bellegarde, par voie de communiqué.

Le gouvernement du Manitoba s'est pour sa part excusé en 2010, reconnaissant qu'un tiers des personnes déplacées sont mortes à cause de la pauvreté, du racisme et de la violence auxquels ils étaient confrontés.

Les Dénés sayisi ont pu regagner leur territoire ancestral en 1973.

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