The Last Face, le film de Sean Penn, a été accueilli vendredi à Cannes sous les huées et les sarcasmes, et a reçu des critiques assassines.

Ce cinquième film de l'acteur et réalisateur américain se trouve en compétition pour la Palme d'or, qui sera remise dimanche.

Il raconte l'histoire du médecin humanitaire Miguel Leon (Javier Bardem), qui tombe amoureux de sa collègue Wren Peterson (Charlize Theron) lors d'une mission au Libéria et en Sierra Leone en 2003.

Le couple rencontre d'autres médecins, dont deux interprétés par les acteurs français Jean Reno et Adèle Exarchopoulos. Puis, ces travailleurs humanitaires se retrouvent tous en Afrique du Sud, 10 ans plus tard.

L'histoire de The Last Face mélange romance et conflits armés qui ravagent ces pays africains, mais sans véritablement aborder de front la situation sur le terrain.

Une phrase de trop

Lors de la projection de presse du film de Sean Penn, ce mélange des genres a décontenancé le public. Une des entrées en matière du film aborde les guerres au Libéria et au Soudan du Sud en affirmant que « la brutalité des conflits » est « comparable seulement pour l'Occident à celle d'un amour impossible ». Cette phrase a suscité des rires et un malaise palpable dans la salle.

D'autres dialogues ont provoqué des rires lors de la projection. Par exemple, dans une réplique, le personnage de Jean Reno explique la différence entre « conquérir » et « aimer » une femme.

Plusieurs journalistes, dont ceux de la presse française, jugent que The Last Face est « le pire film » du 69e Festival de Cannes. L'an dernier sur la Croisette, le film The Sea of Trees, de Gus Van Sant, avait subi pareil accueil, autant en salle que sur les réseaux sociaux.

La presse américaine n'est pas tendre non plus envers le film. Le site spécialisé Indiewire l'a qualifié de « ratage total » et de « pire film » de Sean Penn, et le Hollywood Reporter estime que The Last Face constitue « une sortie de route fatale ».

La réaction de Sean Penn

En conférence de presse cannoise, Sean Penn a défendu son œuvre en affirmant stoïquement : « J'ai terminé le film, donc je ne peux pas vraiment ajouter grand-chose à la discussion. »

L'acteur et cinéaste américain avait été de la compétition à Cannes en 2001 avec le film La promesse. Il est lauréat de deux Oscars (pour Mystic River et Harvey Milk).

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