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Le financement fédéral en santé est insuffisant, selon une étude

Les auteurs d'une nouvelle étude affirment que les offres fédérales de financement des soins de santé ne permettront pas aux provinces de maintenir les services actuels au cours des prochaines années.

L'étude de l'Institut des finances publiques et de la démocratie (IFPD) de l'Université d'Ottawa, publiée lundi, précise que le financement proposé est inadéquat pour chacune des provinces canadiennes.

Le gouvernement du Canada a conclu des ententes bilatérales de financement avec les quatre provinces de l'Atlantique, la Saskatchewan et les trois territoires.

Cependant, il n'a pu s'entendre avec l'Ontario, le Québec, la Colombie-Britannique, l'Alberta et le Manitoba qui représentent plus de 90 % de la population canadienne.

L'étude de l'IFPD évalue que les offres fédérales permettront une hausse moyenne du financement de 3,7 % par année dans les 10 prochaines années.

Or, la hausse des coûts de santé en Ontario devrait être de 5,1 % entre 2015 et 2018 et de 4,5 à 5 %, en moyenne, les années suivantes. Les auteurs de l'étude signalent que les coûts par habitant du système de santé de l'Ontario sont pourtant parmi les plus faibles au pays.

Les cinq provinces les plus populeuses affirment aussi que les offres fédérales ne leur permettront pas de maintenir les services de santé à leur niveau actuel. Elles réclament donc une hausse annuelle de 5,2 % du financement fédéral, une demande basée sur des études réalisées par le Directeur parlementaire du budget et le Conference Board du Canada.

De l'eau au moulin de Barrette

L'étude vient conforter la position du ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, qui réclame depuis l’automne dernier un réinvestissement de 6 % de la part du fédéral en Santé. C’était également la position défendue par le front commun des provinces alors que le fédéral proposait une hausse de seulement 3 %.

Le ministre Barrette déplore l’attitude d’Ottawa dans ce dossier : « C’est du fédéralisme prédateur et dominateur », avait-il lâché à l'émission 24/60. « C’est du maquillage de chiffres que fait M. Morneau », le ministre canadien des Finances, avait-il ajouté.

« Ce qui est sur la table, ce n’est pas plus et même un peu moins que ce qui était sur la table par les conservateurs », disait Gaétan Barrette, en décembre dernier.

Alors que le front commun des provinces s’est effrité au fil des ententes bilatérales signées entre Ottawa et les petites provinces de l’Atlantique et de la Saskatchewan; le Québec s’est allié à l’Ontario pour affronter le gouvernement fédéral dans ce dossier.

En août dernier, le ministre Barrette a dénoncé cette approche « de division » entre provinces, qui ne sont pas toutes confrontées à la même situation en matière de vieillissement de la population. « Il y a des endroits où il y a moins de personnes âgées que d'autres, c'est vrai. Mais le facteur qui génère le plus de croissance de coûts, c'est le vieillissement », avait-il plaidé.

M. Barrette vise particulièrement le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et son ministre des Finances Bill Morneau, qui contrôlent les cordons de la bourse. Il estime que la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpot, a sensiblement la même lecture de la situation que ses homologues provinciaux. Mais, « elle n’a pas le pouvoir de déterminer les transferts ».

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