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Le front commun du taxi lance un appel à la grève pour mercredi

Irrité par l'entente conclue entre Québec et la société Uber, le front commun du taxi appelle tous les chauffeurs et propriétaires de taxis et limousines à faire la grève et à manifester à Montréal mercredi. 

Des rassemblements dans la région de Montréal sont prévus, mais le regroupement précise que le transport adapté ne sera pas touché par ce moyen de pression. Étant donné le statut de travailleur autonome des chauffeurs, la participation à la grève n'est pas obligatoire.

Le ministre des Transports Laurent Lessard a publié vendredi dernier un arrêté ministériel dans la Gazette officielle du Québec. Cette entente, qui doit donc entrer en vigueur le 14 octobre, permettra à Uber de poursuivre ses activités dans le cadre d'un projet pilote d'une durée d'un an, sous un certain encadrement.

Selon l'entente, Uber se verra octroyer quelque 300 permis de taxis. La multinationale sera toutefois tenue de payer des taxes et impôts tout en percevant la TPS et la TVQ, et en assurant le versement de redevances.

Les trajets devront être offerts au tarif minimum de 3,45 $ par trajet et l'entreprise sera tenue de contribuer à un fonds de modernisation de l'industrie du taxi.

Elle prévoit notamment que les chauffeurs d'Uber devront obligatoirement posséder un permis de classe 4C (taxi et limousine) de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ).

Le front publiera lundi une analyse de l'arrêté ministériel de ministre Lessard.

« Une injustice scandaleuse »

L'industrie du taxi n'y voit pas moins qu'une trahison. Par voie de communiqué, les dirigeants du front commun exigent une rencontre d'urgence avec le premier ministre, Philippe Couillard, et le ministre des Transports, Laurent Lessard, « afin de trouver une issue à l'injustice scandaleuse qu'annonce l'arrêté ministériel de vendredi, [qui] crée officiellement un régime à deux vitesses sans qu'aucune compensation ne soit offerte ».

Le front commun, qui est est composé de plusieurs associations, dont le Comité de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT) et le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM-Métallos), a déploré l'absence de contact avec le cabinet du premier ministre.

« Nous nous demandons pourquoi Philippe Couillard juge urgent de signer une entente à minuit moins une avec une compagnie illégale, mais moins urgent de rencontrer les représentants de 22 000 travailleurs qui se font voler leur gagne-pain depuis deux ans. Est-ce pour mieux les exproprier? »

Cet appel à la grève a été lancé après que l'industrie du taxi eut essuyé au moins deux revers devant les tribunaux pour faire cesser les activités d'Uber.

L'injonction déposée par le front commun de l'industrie du taxi pour faire suspendre les activités d'Uber a été rejetée mardi dernier.

La semaine précédente, le front commun a également été débouté en cour dans sa tentative de faire annuler l'entente de principe entre le ministère des Transports et Uber.

Les chauffeurs de taxi poursuivront leur offensive juridique en janvier, lorsqu'ils seront entendus devant la Cour supérieure du Québec sur le fond de la question.

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