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Le gouvernement du Canada s'attaque aux abus sexuels dans le sport

Comme Québec la semaine dernière, Ottawa a présenté des mesures renforcées afin de lutter contre le harcèlement, les abus et la discrimination dans le sport. Les fédérations sportives canadiennes devront plus que jamais se montrer vigilantes à cet égard.

Un texte de Michel Chabot

Les organismes de sport financés par le gouvernement fédéral devront prendre toutes les mesures nécessaires pour créer un milieu de travail exempt de toutes formes d’abus.

« Que ce soit clair, mon but c’est l’action et non pas un autre rapport, a déclaré Kirsty Duncan, ministre des Sports et des Personnes handicapées. Je vais utiliser tous les leviers qui sont disponibles pour combattre le harcèlement et les abus dans le sport. »

À défaut de se plier aux nouvelles dispositions prévues par la ministre, une fédération nationale pourrait se voir priver de financement.

Les organismes sportifs devront en outre divulguer immédiatement tout incident de harcèlement, d’abus ou de discrimination. Ils devront également prendre des dispositions pour l’accès à une tierce partie indépendante afin de traiter de tels cas.

Ils devront aussi offrir une formation obligatoire sur les abus, le harcèlement et la discrimination à leurs membres d’ici le premier avril 2020.

L’initiative de la ministre a été applaudie par Tricia Smith, présidente du Comité olympique canadien.

« Le Comité olympique canadien appuie entièrement et salue l’annonce faite aujourd’hui par la ministre Duncan et le gouvernement fédéral. Ils jouent un rôle de leaders en garantissant que les athlètes, les entraîneurs, le personnel, les bénévoles et tous ceux engagés dans le sport canadien puissent y participer dans un environnement sûr.

La chef de la direction de l’Association canadienne des entraîneurs a quant à elle rendu hommage aux victimes de Bertrand Charest, cet entraîneur de ski alpin qui a été condamné en décembre à une peine de 12 ans de prison. Il a été reconnu coupable de 37 chefs d'accusation pour des crimes à caractère sexuel commis sur neuf athlètes mineures dans les années 1990.

« Elles ont déjà transformé le sport en exigeant des changements de ceux qui le gouvernent, a dit Lorraine Lafrenière. Et à G, qui a brisé le silence dans l’anonymat il y a trois ans, et que nous savons maintenant être Geneviève Simard… ton influence remonte à 2015. Cette grande réforme au sein du système sportif, c’est grâce à toi, qui l’as commencé. Tes coéquipières Gail Kelly, Amélie-Frédérique Gagnon et Anna Prchal et après Émilie Cousineau, Allison Forsyth, Catie Bertrand et Gillian McFetridge ont créé l’élan dont nous avions besoin, avec le soutien de B2Dix. »

« Je suis excessivement encouragée, contente, fière de moi mais aussi des autres filles qui sont sorties publiquement pour essayer de sensibiliser les Canadiens et la population sportive pour que des changements soient apportés, s'est exclamé Geneviève Simard. Dans le fond, je vois ça comme un pas dans la bonne direction. »

Ashley LaBrie, directrice générale d’AthlesCan, a également accueilli le geste du ministère avec enthousiasme, rappelant toutefois qu’il ne s’agissait que d’un premier pas dans la bonne direction.

« En parlant avec des athlètes depuis un an, nous avons souvent entendu les mêmes problèmes. La peur est un dénominateur commun. Nous devons nous assurer que la sécurité et le bien-être des athlètes soit notre priorité et que le sport s’éloigne d’une culture qui se cache sous la protection des institutions. »

Le volet éducation est celui qui revêt la plus grande importance selon Geneviève Simard.

« L’éducation c’est la clé pour prévenir ces situations le plus possible, soutient-elle. Il y a plein de cours en ligne. Moi j’ai suivi celui du Centre canadien de protection de l’enfance. Je l’ai terminé hier. Le cours s’appelle Priorité jeunesse. J’ai appris énormément. »

Équité des genres

La ministre Duncan veut par ailleurs s’attaquer à l’équité entre les genres dans le système sportif, qui a été identifié comme un facteur contribuant aux abus. Mais il faudra se montrer patient puisque le gouvernement du Canada s’est fixé comme objectif d’y arriver d’ici 2035.

Le budget 2018 prévoyait l’injection de 30 millions de dollars sur trois ans pour soutenir l’accès à des données, de la recherche et des pratiques innovantes visant à promouvoir la participation et l’inclusion des femmes et des filles dans le sport.

Et le nouveau groupe de travail sur l’égalité dans les sports, établi en mai par la ministre Duncan, identifiera des mesures supplémentaires pour lutter contre le harcèlement, les abus et la discrimination.

Cela dit, Kirsty Duncan a invité ses homologues provinciaux et territoriaux, par l’entremise du groupe de travail fédéral/provincial sur la sécurité, l’intégrité et l’éthique dans le sport, à recommander des solutions en matière de harcèlement, d’abus ou de discrimination. Ces recommandations seront prochainement présentées à la Conférence des ministres responsables du sport, de l’activité physique et des loisirs en février 2019, à Red Deer, en Alberta.

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