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Le gouvernement refuse l'achat d'un nouvel appareil médical financé par la population

La population de Sorel-Tracy et de grands donateurs ont réuni les 231 000 $ nécessaires pour équiper l'hôpital local d'un appareil permettant de diagnostiquer les cancers du poumon. Mais le ministère de la Santé estime qu'ils n'en ont pas besoin.

Un texte de Thomas Gerbet

« L’argent est disponible, le local est disponible, les pneumologues sont prêts, mais on a un refus du Ministère. Ce n'est pas sérieux », se désole le président de la Fondation Hôtel-Dieu de Sorel, Jocelyn Cayer.

Il tiendra un point de presse mardi, accompagné des pneumologues de l'hôpital, pour dénoncer cette décision qui lui a été confirmée cette semaine.

La campagne de financement 2014-2015 de la Fondation avait pourtant reçu le feu vert de la direction de la santé. L'Hôtel-Dieu de Sorel a même recruté un pneumologue et effectué des travaux de ventilation pour préparer l'installation de cet appareil, un bronchoscope, qui permet d'examiner la trachée et les bronches sans faire d'opération.

Mais Québec considère que les patients de la région de Sorel-Tracy n'ont pas besoin de cet ajout de service qu'ils peuvent déjà recevoir à l'hôpital de Saint-Hyacinthe, à au moins une heure de route.

Le maire juge « compliqué de mettre des gens d’un certain âge sur la route, notamment l'hiver ». Il rappelle que sa ville industrielle a un historique de pollution et que de nombreux résidents souffrent de maladies respiratoires.

Le maire Serge Péloquin juge la décision du ministère de la Santé « inacceptable » et parle de « mépris pour les municipalités qui travaillent pour avoir des services de proximité ». Il montre du doigt la réforme centralisatrice du ministre : « M. Barrette, il arrive avec sa réforme, à coup de hache, et il saccage tout. »

Le ministre se défend

« Je n'ai interdit à personne d'acheter quoi que ce soit », se défend Gaétan Barrette. Il affirme qu'il s'agit d'une décision « locale », soit du CISSS de la Montérégie-Est. Or, dans la lettre de la direction régionale de la santé adressée à la Fondation (que nous publions à la fin de cet article), il est mentionné que la décision est « ministérielle ».

« Il n'y a pas assez de volume à l'hôpital de Sorel-Tracy », explique le ministre. Il estime que le besoin représente une demi-journée par semaine, ce qui ne permettra pas aux pneumologues de maintenir leurs compétences dans l'utilisation de la machine. « Ils ont peut-être de l'expertise, mais elle n'est pas durable à Sorel », ajoute Gaétan Barrette.

Celui-ci en profite pour demander à toutes les fondations d'hôpitaux de vérifier avec le Ministère si elles pourront gérer les choses correctement à long terme, avant de se lancer dans des campagnes de financement.

La Fondation Hôtel-Dieu de Sorel craint maintenant de perdre cet argent donné par de grands partenaires, comme Rio Tinto ou Desjardins. Puisque la campagne visait spécialement l'achat d'un bronchoscope, elle a l'obligation de leur demander s'ils veulent maintenir leurs dons.

« L'argent amassé pourra être utilisé au profit de la communauté locale », précise le cabinet du ministre Barrette dans un courriel.

Crainte de perdre des pneumologues

Le maire et le président de la Fondation craignent également le départ des médecins en place et la difficulté d'en recruter d'autres à l'avenir. « Les pneumologues vont dire : ‘‘Si vous n'êtes pas outillés, on ne va pas venir travailler chez vous’’ », croit Serge Péloquin. Une nouvelle pneumologue de l'Hôtel-Dieu est justement venue y travailler parce qu'on lui a dit qu'il y aurait cette machine.

Aujourd'hui, tous les pneumologues nouvellement diplômés sont formés à utiliser un bronchoscope, explique pour sa part Jocelyn Cayer. « Tous ceux qui graduent vont demander la possibilité d'en avoir un. C'est devenu un outil diagnostique de base. »

Réaction de Sylvain Rochon, député péquiste de Richelieu

« Question : à quel département de l'Hôtel-Dieu de Sorel Québec vient-il d'interdire l'achat d'un appareil entièrement payé par la fondation de cet hôpital? Réponse : au Département de pneumologie. Question : où, en Montérégie, les maladies pulmonaires sévissent-elles plus que partout ailleurs? Réponse : à Sorel-Tracy! »

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