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Le gouvernement Trudeau déposera un projet de loi pour protéger les langues autochtones

Le premier ministre canadien a promis mardi de travailler en vue de l'instauration d'une loi pour préserver, protéger et revitaliser les langues autochtones. Justin Trudeau a fait cette annonce lors d'une allocution prononcée devant l'Assemblée des Premières Nations (APN), réunie à Gatineau.

Les chefs de l'Assemblée des Premières Nations (APN) ont salué par des applaudissements la promesse d'une loi destinée à stopper l'effritement, voire la disparition de la soixantaine de langues parlées dans les communautés autochtones, métisses et inuites du pays.

Le premier ministre Trudeau leur a livré cet engagement après avoir évoqué le sombre passé des pensionnats autochtones, qui avaient pour but d'anéantir ces langues et ces cultures, a-t-il affirmé en substance.

Prononcé un peu plus d'un an après l'accession de Justin Trudeau au pouvoir, ce discours était attendu par les chefs autochtones dans un contexte de controverse entourant l'exploitation des ressources naturelles au pays.

Il y a près d'une semaine, le premier ministre a donné le feu vert au prolongement de la canalisation 3 d'Enbridge entre l'Alberta et le Wisconsin. Il a aussi annoncé que son gouvernement approuvait, sous certaines conditions, le projet d’agrandissement de l’oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan, dans l'Ouest canadien. L'APN ne s'est jamais prononcée sur ce dernier projet d'oléoduc.

Farouche opposition

Toutefois, l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique s'oppose à ce projet. Le grand chef Stewart Phillip estime que les risques sont trop grands dans le détroit de Burrard, où la circulation des pétroliers va s'accentuer grandement.

Au pays, d'autres chefs des Premières Nations sont divisés sur ces questions. Un groupe de chefs autochtones avait d'ailleurs pour projet de tourner le dos à M. Trudeau durant son discours. Ils se sont finalement ravisés. Mais le mécontentement demeure : « Sur le dossier des pipelines, on ne s'entend pas, c'est simple, a déclaré Serge Simon, grand chef du Conseil des Mohawks de Kanesatake. Et on ne s'entendra pas. »

Travailler ensemble dans le respect

Oui, il nous reste une longue route à parcourir. Nous devons montrer aux Canadiens que nous sommes partenaires.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau

Dans son allocution, Justin Trudeau a déclaré que le véritable test pour les nations autochtones et le gouvernement fédéral ne consiste pas à être d'accord ou en désaccord, mais à parvenir à travailler ensemble dans le respect, l'écoute et la compréhension.

Le premier ministre a rappelé la nomination de Jody Wilson-Raybould - une Autochtone - au poste de ministre fédérale de la Justice, ce qui lui a valu de nouveaux applaudissements de la part de l'assistance.

Insistant sur l'importance de « décoloniser le Canada » en établissant une nouvelle relation avec les peuples autochtones, M. Trudeau a affirmé que son gouvernement appuyait l'application des 94 recommandations de la Commission Vérité et Réconciliation. La moitié de ces recommandations relève du gouvernement fédéral, et le premier ministre affirme que de ce nombre, 36 sont en voie d'être concrétisées.

Au terme d'une vaste enquête sur la politique d'assimilation des Autochtones en sol canadien, la Commission avait assimilé cette politique à un génocide culturel.

De l'eau potable et des écoles neuves

Le premier ministre cite aussi les cas de 14 communautés autochtones qui ont dû pendant longtemps faire bouillir leur eau avant de la consommer. Elles ont désormais accès à de l'eau potable, dit-il, promettant du même souffle de lever, d'ici cinq ans, tous les avis de faire bouillir l'eau dans les réserves.

En matière d'éducation, M. Trudeau s'enorgueillit de la construction de six nouvelles écoles pour les enfants autochtones. Une trentaine d'autres sont en voie d'être terminées, et plus d'une centaine sont à l'étude. C'est le fédéral qui s'occupe de l'éducation des Autochtones. Et, de toutes les cohortes d'écoliers du pays, celle des enfants autochtones connaît la plus forte croissance.

Gord Downie, très affaibli, reçoit l'hommage des chefs

Juste avant l'allocution du premier ministre, le chanteur du groupe The Tragically Hip, Gord Downie, a reçu un vibrant hommage des chefs autochtones, qui ont salué son profond engagement pour raviver le devoir de mémoire face au scandale des pensionnats fédéraux.

M. Downie, qui est atteint d'un cancer du cerveau, en a été ému aux larmes. Le groupe rock canadien avait donné cet été un spectacle durant lequel Gord Downie avait expressément appelé M. Trudeau à aider les peuples autochtones.

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