Retour

Le grand bouleversement de l’industrie de la conserve

Influencée par les avancements technologiques et les tendances alimentaires, l'industrie de l'alimentation ne cesse d'innover, de s'adapter afin de répondre aux exigences des consommateurs.

Un texte de Marie-Michelle Lauzon

Populaire et bien visible dans les épiceries, la conserve est un produit bien implanté dans nos habitudes alimentaires depuis plus d’un siècle. Mais l’industrie de la petite boîte métallique est aux prises avec de grands changements.

La fin des usines

Au cours des dernières années, une multitude de conserveries canadiennes ont fermé. Dernièrement, la multinationale agroalimentaire américaine Campbell a annoncé la fermeture de sa plus vieille usine de fabrication à Toronto.

Parmi les raisons invoquées pour justifier cette fermeture, il y a le fait que les ventes de soupe en conserve sont en baisse en Amérique du Nord. La petite boîte métallique est de moins en moins populaire. Pour survivre, l’industrie doit s’adapter.

Entre 2012 et 2015, les ventes des produits mis en conserve, marinage et séchage de fruits et de légumes ont baissé de 28 %. Pendant la même période, les ventes d’aliments congelés ont augmenté de 20 %, selon Statistiques Canada.

L’arrivée des aliments surgelés dans les épiceries n’est pas la seule raison qui explique la baisse de la popularité de la conserve. La relation des consommateurs avec leur nourriture a changé. Les gens veulent désormais connaître les ingrédients qu’ils consomment et contrôler ce qu’ils mangent. Cuisiner est aussi devenu une activité sociale prisée.

L’industrie doit être créative

Il y a le contenu qui est moins populaire, mais le contenant l’est aussi.

La conserve n’attire plus autant les regards. Les consommateurs préfèrent maintenant voir ce qu’ils achètent. L’emballage des aliments est devenu un des éléments les plus importants de l’industrie alimentaire. Le même produit aura plus de chance d’être acheté s’il est vendu dans un pot en verre plutôt que dans une conserve en métal par exemple.

Rick Sprague est propriétaire de Sprague Food, une entreprise familiale qui existe depuis 1924 à Belleville, en Ontario.

Son entreprise préparait fruits et légumes en conserves. Il y a quelques années, il a décidé de se tourner uniquement vers la production de fèves en conserves et de se spécialiser dans les produits biologiques, notamment en préparant des soupes.

Au lieu de vendre ses soupes dans la traditionnelle conserve, il a décidé d’utiliser des pots en verre. Ses ventes ont beaucoup augmenté.

Préparer ses conserves

Une autre tendance dans l’industrie alimentaire affecte le marché : les conserves maison connaissent un véritable engouement.

Une multitude d’initiatives voient le jour à Toronto, mais aussi ailleurs au Canada, afin d’apprendre à préparer nos propres produits en conserve. Que ce soit des cours en ligne ou en personne dans une classe, ce mouvement prend de l’ampleur et séduit le consommateur.

Christine Manning a quitté l’univers du marketing numérique il y a quelques années pour lancer sa propre entreprise d’aliments en conserves : Manning Canning. Au début, elle devait louer des espaces dans des cuisines de restaurants et elle préparait elle-même ses conserves. Une idée folle, lui disaient plusieurs, mais elle y croyait.

Elle a maintenant ses propres locaux. Ses produits sont vendus dans plus d’une centaine de magasins en Ontario. Elle emploie une dizaine d’employés et offre chaque mois différents cours privés pour apprendre à faire des conserves.

Ils sont si populaires que les gens doivent réserver des mois à l’avance pour y participer.

Christine Manning pense aussi que la petite boîte métallique n’est pas sur le point de disparaître, mais qu’elle doit s’adapter à la réalité du 21e siècle, aux tendances alimentaires et aux envies gastronomiques du consommateur.

Plus d'articles