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Le Grand Montréal, champion de la création d’emplois

Un nombre record d'emplois ont été créés dans l'agglomération montréalaise en 2016, et la majorité était des postes à temps plein. Une lancée à laquelle a grandement contribué l'économie du savoir.

Un texte de Vincent Maisonneuve

Entre décembre 2015 et décembre 2016, on a observé une création nette de 73 400 emplois dans le Grand Montréal. C’est plus que toutes les autres villes canadiennes mises ensemble.

« C’est une excellente année, une des meilleures qu’on ait vue dans la grande région métropolitaine pour ce qui est du nombre d’emplois », souligne Jean-Guy Côté, directeur associé à l’Institut du Québec. M. Côté ajoute qu’il s’agit d’emplois de qualité. La preuve, 57 800 des nouveaux emplois étaient des postes à temps plein.

Un taux de chômage à la baisse

Résultat, le taux de chômage est passé de 8,7 % à 6,7 % en un an. Selon le directeur associé à l’Institut du Québec, il faut remonter presque 10 ans en arrière pour voir un taux de chômage aussi bas dans le Grand Montréal.

Si on se concentre uniquement sur l’île, le taux de chômage, à 7,8 %, est à son plus bas depuis janvier 2000.

Avec la construction du nouveau pont Champlain, de l’échangeur Turcot et du CHUM, sans oublier les innombrables travaux routiers, on pourrait croire que les grands chantiers dopent l’économie de la métropole.

Pourtant l’économie du savoir et la recherche scientifique expliquent en bonne partie l’élan que connaît la métropole.

Pôle mondial de l’intelligence artificielle

L’exemple du professeur Yoshua Bengio est éloquent. Grâce à l’Institut de valorisation des données, appelé IVADO, ce scientifique a transformé Montréal en un pôle mondial dans le domaine de l’intelligence artificielle.

« Yoshua a cette capacité de mobilisation », explique Valérie Bécaert, directrice générale chez IVADO. Les chercheurs de l’Université de Montréal, de Polytechnique, des HEC et de McGill se sont réunis et y travaillent ensemble.

Selon Mme Bécaert, ce regroupement de talents a pour effet d’attirer « les meilleurs cerveaux de la planète, simplement parce qu’ils veulent travailler avec les meilleurs. »

En l’espace d’un an, le nombre de chercheurs est passé de 150 à 250, et l’Institut en cherche toujours 25 autres.

Il faut dire qu’IVADO attire l’attention des investisseurs, qui ont injecté 230 millions de dollars dans ce grand projet. L’argent vient des pouvoirs publics, mais aussi du secteur privé.

Des entreprises privées ont aussi choisi de s’installer dans la métropole, en raison de la présence de cet important pôle de recherche. Google et Microsoft ont tour à tour décidé de miser sur Montréal.

« Il y en a d’autres qui s’en viennent », assure Valérie Bécaert. « Les entreprises émergentes sont en effervescence. Les entreprises avec lesquelles on travaille se sentent galvanisées par cette possibilité et elles veulent investir. »

Il y a un effet boule de neige incroyable.

Valérie Bécaert, d’IVADO

Une faible proportion de diplômés

Mais si Montréal détient une longueur d’avance, la concurrence demeure féroce.

Pour alimenter cette économie du savoir, ça prend des cerveaux. Un des problèmes, c’est qu’à peine 29 % des Montréalais ont un diplôme universitaire. À Boston, c’est presque une personne sur deux, soit 49 %.

Montréal traîne encore de la patte quand on regarde la diplomation. Elle est même parmi les pires villes en Amérique.

Jean-Guy Côté, de l’Institut du Québec

Avec une aussi faible proportion de diplômés et une population qui vieillit, assurer les besoins en main-d’œuvre devient tout un défi.

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