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Le groupe armé État islamique revendique l'attentat de Berlin

Dans un message publié mardi par son agence de presse officielle, le groupe armé État islamique a revendiqué l'attentat au camion qui a fait 12 morts et 48 blessés, lundi soir, dans un marché de Noël de Berlin. L'auteur de l'attaque court toujours, le seul suspect arrêté par la police dans cette affaire ayant été relâché.

« Celui qui a mené à bien l'opération [...] à Berlin est un soldat de l'État islamique et il l'a réalisée en réponse aux appels lancés pour que soient visés les ressortissants des pays de la coalition », a écrit mardi Amaq, l'organe de propagande de l'EI.

Ce message de revendication a été publié peu après que le parquet fédéral allemand eut annoncé la remise en liberté de l'homme de 23 ans qui avait été arrêté après l'attaque. La police avait déjà laissé entendre qu'il n'en était peut-être pas le responsable, et que le véritable auteur de l'attentat était libre comme l'air.

Les expertises de la police scientifique et technique n'ont pas pu établir jusqu'à présent la présence du suspect dans la cabine du poids lourd.

Extrait du communiqué du parquet

La loi allemande ne donne que 24 heures aux procureurs pour demander l'arrestation formelle d'un suspect après son interpellation, pour le maintenir en détention.

Selon le parquet, le suspect avait été arrêté après que des témoins eurent tenté, en vain, de suivre le conducteur du camion après l'attaque; l'homme correspondait à la description du suspect qu'ils avaient fournie. Selon des médias allemands, il s'agissait d'un Pakistanais ayant suivi la route des Balkans pour arriver en Allemagne à titre de demandeur d’asile en février dernier.

L'auteur de la tuerie en fuite

Dès la mi-journée, mardi, le chef de la police de Berlin, Klaus Kandt, avait admis que la police n'était pas certaine que le suspect était bien l'auteur de l'attaque.

« Nous avons probablement un dangereux criminel dans la nature et bien sûr, cela inquiète la population », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Il a ajouté en soirée que le fugitif avait « une arme », sans doute celle qui a servi à tuer le chauffeur polonais du camion utilisé pour foncer la foule.

Les mesures de sécurité ont été renforcées dans la capitale allemande, a-t-il aussi précisé.

Le chauffeur polonais abattu

Le corps retrouvé dans la cabine du poids lourd était bel et bien celui du conducteur légitime du camion, selon le transporteur. Son corps portait des traces de coups et de balles.

Le conducteur polonais qui avait la responsabilité du camion, chargé d'acier, était arrivé à Berlin quelques heures avant l’attentat. Il avait parlé à sa femme au téléphone vers 15 h, heure locale. L’homme de 37 ans n’a toutefois pas répondu à sa femme lorsqu’elle a tenté de le joindre à nouveau une heure plus tard.

C’est vers 20 h que le forcené a foncé dans la foule du marché de Noël de Berlin.

Un attentat terroriste, selon Merkel

Avant même que l'EI ne revendique l'attaque, la chancelière allemande Angela Merkel avait accrédité la thèse d’un attentat, promettant de punir le ou les responsables du crime « aussi durement que le permet la loi ».

« Nous ne voulons pas vivre avec la peur que le mal nous paralyse » a poursuivi la chancelière.

Alors que les premières informations laissaient croire que le suspect était un demandeur d'asile, les critiques de la généreuse politique d’immigration d'Angela Merkel se sont rapidement fait entendre.

« L'Allemagne n'est plus sûre » face « au terrorisme de l'islamisme radical », a lancé la tête d’affiche de l'AfD, Frauke Petry, en montrant du doigt la décision de la chancelière d'ouvrir les portes du pays, à l'été 2015, à près de 900 000 réfugiés fuyant la guerre et la misère, originaires pour l'essentiel du monde musulman.

Quelque 300 000 migrants de plus sont arrivés en 2016.

Recueillement

Les drapeaux des bâtiments publics ont été mis en berne et une cérémonie du souvenir a eu lieu à la cathédrale Saint-Hedwige, dans le centre de la ville de Berlin.

Les Berlinois ont aussi observé une minute de silence, signé un livre de condoléances et déposé des fleurs devant les lieux de l’attentat.

Ça fait longtemps que l’Allemagne vit dans la crainte d’attentats […] Tout le monde se sent touché, tout le monde savait que ça allait arriver un jour, le craignait, le redoutait, cet attentat.

Jean-François Bélanger, correspondant de Radio-Canada envoyé à Berlin

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