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Le hockey pourrait « sauver » le maire Nenshi de Calgary

À Calgary, Naheed Nenshi, nommé meilleur maire du monde il y a trois ans, a vu sa popularité s'effriter ces derniers temps. Mais un mégaprojet d'aréna pourrait l'aider à remporter un troisième mandat.

Un texte de Laurence Martin

Si vous vous promeniez avec Naheed Nenshi, vous ne croiriez jamais qu’il est en difficulté. Sept ans après son arrivée au pouvoir, le maire de Calgary a toujours le même effet sur les foules. Tel un aimant, il attire les enfants et les adultes qui se collent sur lui pour prendre un énième égoportrait.

Il faut comprendre. Se faire photographier avec Naheed Nenshi, le premier maire musulman d’une grande ville canadienne, c’est une récolte quasi assurée de mentions « J’aime » sur Facebook ou Instagram.

Mais derrière le vedettariat, derrière les apparences, la réalité est un peu moins rose.

Un sondage publié il y a quelques jours par la firme Mainstreet Research donnait 17 points d’avance à son principal adversaire, le conservateur Bill Smith.

L’équipe de Naheed Nenshi a remis en question la méthodologie du sondage, mais le stratège électoral Stephen Carter, qui a déjà travaillé pour M. Nenshi dans le passé, croit que le maire sortant a plusieurs défis devant lui.

Parmi ceux-ci, la fatigue envers les politiciens (et les politiques) plus progressistes.

Des trois, c’est sans doute le gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley qui suscite le plus de frustration. Bien des électeurs n’ont pas digéré l’instauration d’une taxe sur le carbone mise en place par la province. Et Naheed Nenshi, même s’il se définit comme non partisan, pourrait en payer le prix, croit Stephen Carter.

Ajoutez à ça un contexte économique toujours difficile à Calgary - le taux de chômage tourne toujours autour de 8,5 % - et l’usure du pouvoir après deux mandats, et vous avez les ingrédients qu’il faut pour créer « un vent de changement ».

Le hockey à la rescousse de Nenshi?

Naheed Nenshi a toutefois trouvé une arme inattendue durant cette campagne : le hockey. Ou plutôt, le toit des joueurs de hockey de Calgary.

Depuis 1983, les Flames jouent dans le Saddledome, un aréna en forme de selle de cheval. C’est l’un des plus vieux arénas de la Ligne nationale de hockey, mais ni la Ville ni l'équipe ne veulent payer pour le remplacer.

Naheed Nenshi a proposé que la Ville paie un tiers de la construction d’un nouvel aréna, soit 185 millions de dollars. Pas plus. Les Flames, jugeant l’offre insuffisante, se sont retirés des négociations.

Pendant ce temps, Bill Smith, l’adversaire principal de Nenshi, qui prône un assainissement des dépenses publiques, patine. Il n’arrive pas à donner le montant que la Ville devrait investir dans le projet.

Pour Stephen Carter, l’enjeu pourrait donner un nouveau souffle à la campagne de Nenshi.

« Quand ça fait 7 ans que vous êtes au pouvoir, explique-t-il, vous ne pouvez pas dire : "Voici un nouveau problème que je veux régler." Et là, les Flames viennent de donner au maire un nouvel enjeu sur lequel Nenshi peut se tenir debout. »

L’élection a lieu lundi prochain, le 16 octobre. Outre Naheed Nenshi et Bill Smith, le conseiller municipal André Chabot et sept autres candidats moins connus sont dans la course.

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