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Le jeune tireur de La Loche recevra une peine pour adulte

La juge Janet McIvor a décidé de donner une peine pour adulte au jeune auteur de la fusillade meurtrière de 2016 qui a secoué la petite communauté de La Loche, dans le nord de la Saskatchewan.

Un texte d’Omayra Issa

Comme l'accusé recevra une peine pour adulte, il fait face à une condamnation à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans. Une peine qu'il devrait purger dans une prison fédérale. Il faudra attendre le 16 mars avant de connaître la peine exacte du tireur.

L'audience a commencé à 10 h et, à 11 h, les journalistes n'étaient toujours pas autorisés par la juge à entrer dans la salle d'audience où les places sont très limitées. La province a réagi, affirmant qu'elle était en contact avec la Gendarmerie royale du Canada sur place et le personnel de la cour, pour tenter de clarifier la situation. Vers 11 h 20, un homme est sorti de la salle d'audience et un seul journaliste, celui de CBC, a été autorisé à y entrer.

La province affirme que le choix de la salle d’audience a été déterminé par la branche judiciaire, indépendante du ministère de la Justice. La salle d’audience à La Loche, explique la province, étant moins grande, la Cour a déterminé qu’il était plus important de s’assurer d'avoir assez de place pour les victimes et leurs familles.

Selon la province, il n’y avait même plus assez d’espace pour certaines familles. Une vidéo en direct était accessible à Meadow Lake à ceux qui ne pouvaient avoir accès à la salle d’audience.

Le jeune accusé a plaidé coupable à deux accusations de meurtre au premier degré, à deux accusations de meurtre au deuxième degré ainsi que sept accusations de tentatives de meurtre en octobre 2016 à la Cour du Banc de la Reine de Meadow Lake.

Son identité ne peut être révélée en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents. Même s'il est jugé comme adulte, un interdit de publication a été imposé par la juge maintenant l'interdiction de publier son identité.

La défense avait décrit l'accusé comme « isolé sur le plan émotionnel, social et scolaire » et souffrant du syndrome d’alcoolisme foetal. Selon la juge, même si le tireur qui a maintenant 20 ans a exprimé du remords pour avoir tué les frères Fontaine, il n’en a pas exprimé pour les autres victimes. Il a aussi, selon elle, exécuté des crimes haineux qui ont eu un impact profond sur la communauté.

D’importantes répercussions

Vendredi a marqué le point culminant de trois semaines d'audiences, durant lesquelles la cour a notamment entendu les témoignages des survivants et de leurs proches.

La juge Janet McIvor a soutenu que les répercussions de la fusillade étaient si importantes pour la petite communauté, notamment avec l'augmentation du nombre de suicides, qu'elle ne pouvait pas opter pour une peine pour mineur.

La peine pour adulte en satisfait plusieurs, dont les proches des victimes, ainsi que le maire de La Loche, Robert St. Pierre. Le maire ajoute qu’il est conscient que la peine « ne réparera le mal qui a été fait ».

Pour les avocats de la défense, la décision est décevante. Ils disent considérer plusieurs options, entre autres la possibilité de faire appel. Ils comptent également faire des recommandations à la juge, comme sur l’endroit où leur client devrait être incarcéré.

Retour sur une tragédie

Le 22 janvier 2016, vers 13 h 01, à La Loche, un jeune de 17 ans envoie un message à un groupe d’amis sur Facebook. Le message commence par ces mots : « J’ai fini avec la vie. » Un ami lui répond par une question : « Pourquoi? »

À ce moment-là, il avait déjà abattu à coup de fusil les frères Drayden et Dayne Fontaine, respectivement âgés de 13 et 17 ans, dans leur résidence. L'un des deux a reçu 11 balles dans le corps.

L'auteur de ces actes n'en avait toutefois pas fini.

Il a ensuite fait irruption à l'École communautaire de La Loche, où il a tué deux autres personnes : Marie Janvier, 21 ans, une monitrice de l'école, et Adam Wood, un enseignant de 35 ans originaire d'Uxbridge, en Ontario.

Il a également blessé sept personnes, avant d'être arrêté par la Gendarmerie royale du Canada, après s'être réfugié dans des toilettes de l’école.

Des documents du tribunal révèlent que le matin de la fusillade, le tireur était allé à ses cours. Sur son cellulaire, il a fait des recherches sur Eric Harris et Dylan Klebold, les auteurs de la fusillade de Columbine, aux États-Unis, en 1999, qui a fait 15 morts et 24 blessés.

Il a ensuite eu une discussion avec ses enseignants à propos de ses faibles notes. Après être allé à la maison pour manger, il s'est rendu dans la résidence des frères Fontaine, théâtre du début de son carnage.

Avec les informations de Charles Hamilton et Marianne Meunier

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