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Le journaliste à la retraite Normand Girard s'éteint

Le Québec a perdu un témoin important de l'actualité politique des 60 dernières années. L'ancien courriériste parlementaire Normand Girard est mort mardi à Québec à 82 ans, à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus.

Il a travaillé à la Tribune de la presse de l'Assemblée nationale de 1972 à 2001 pour le Journal de Québec et le Journal de Montréal. Il a commencé sa carrière à la radio CHRL à Roberval, sa ville d'origine, et a par la suite écrit pour Le Progrès de Thetford Mines, Le Nouvelliste de Trois-Rivières et Le Soleil de Québec.

Au moment de prendre sa retraite, à 69 ans, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) l'avait qualifié de « véritable institution [de] la Tribune de la presse de l'Assemblée nationale ». Il était alors le doyen des courriéristes parlementaires du pays.

Au cours de sa carrière de près d'un demi-siècle, il a côtoyé une dizaine de premiers ministres, de Maurice Duplessis à Bernard Landry en passant par Jean Lesage et René Lévesque.

« Sa contribution a été d'être là pendant autant d'années et de raconter l'histoire de la politique québécoise », a commenté l'animateur de l'émission 15-18, Michel C. Auger, qui l'a côtoyé au cours de sa carrière.

« Je lui avais dit : "Il faut que tu écrives tes mémoires. Il y a trop de choses que tu sais qui vont se perdre si tu ne les dis pas". [...] Ça aurait été un best-seller », a-t-il affirmé.

L'ancienne journaliste Dominique Poirier, aujourd'hui commissaire aux relations internationales de la Ville de Montréal, a tenu également à rendre hommage à M. Girard sur son compte Twitter.

Dans une entrevue accordée à la FPJQ avant de tirer sa révérence, le vétéran de l'actualité politique avait livré un plaidoyer en faveur de « l'institution parlementaire », qui permettait à ses yeux « d'assurer la pérennité de la démocratie ».

Il avait déploré que les journalistes parlementaires « passent plus de temps à l'extérieur de la Chambre », regrettant que les priorités des directeurs de l'information ne soient « plus à la bonne place ».

La veille de sa retraite, en décembre, l'Assemblée nationale lui avait rendu hommage.

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