Le journaliste Canadien Mohamed Fahmy, libéré des geôles égyptiennes il y a douze jours après deux années passées derrière les barreaux, a finalement quitté Le Caire. Il est en route pour Londres, premier arrêt avant son retour au Canada.

Sur son compte Twitter, Mohamed Fahmy a publié une photo où on le voit avec l'ambassadeur canadien en Égypte, Troy Lulashnyk.

« L'ambassadeur canadien Troy m'accompagne gentiment jusqu'à la porte d'embarquement de l'aéroport du Caire. Une fin glorieuse à notre combat pour la liberté! », écrit-il.

Le journaliste canadien d'origine égyptienne et deux de ses collègues du réseau anglais de la chaîne Al-Jazira avaient été arrêtés en décembre 2013, avant d'être condamnés lors d'un premier procès, en juin 2014. Ils avaient à ce moment écopé de peines de 7 à 10 ans de prison.

Le gouvernement égyptien les accusait d'avoir soutenu les Frères musulmans - une organisation aujourd'hui interdite en Égypte - et d'avoir menacé la sécurité nationale avec leurs reportages.

Les trois hommes avaient par la suite été condamnés à trois ans de prison ferme, au terme d'un deuxième procès en août dernier, mais l'un d'eux, entre-temps - l'Australien Peter Greste - avait été relâché et expulsé vers son pays d'origine.

Puis, finalement, fin septembre, le gouvernement égyptien graciait et libérait Mohamed Fahmy et son collègue égyptien d'Al-Jazira.

Arrêt à Londres

Le journaliste s'arrêtera d'abord à Londres, où il souhaite rencontrer son avocate Amal Clooney.

« Je suis un homme libre grâce à deux femmes : ma femme Marwa et Amal Clooney. Elles ont été le clou dans le cercueil de cette immense campagne menée par vous [les journalistes] », a dit M. Fahmy en entrevue avec le journaliste Jesse Brown, peu avant son départ d'Égypte.

Un message pour les politiciens

D'ici la fin de la semaine, il arrivera ensuite à Toronto, où il compte se mêler de politique fédérale. Il interpellera les chefs de parti, pour leur dire qu'Ottawa doit en faire plus pour aider les Canadiens détenus à l'étranger.

Des rencontres sont déjà prévues avec les chefs néo-démocrate et libéral, Thomas Mulcair et Justin Trudeau. Il doit aussi participer à des rassemblements partisans.

Aucune rencontre n'est pour l'instant prévue avec les conservateur de Stephen Harper, a-t-il précisé.

Le gouvernement canadien se réjouit pour sa part du retour de Mohamed Fahmy au pays. « Le Canada a travaillé sans relâche et au plus haut niveau pour obtenir la libération de M. Fahmy. Nous sommes heureux que sa longue épreuve soit désormais derrière lui », a dit dans un communiqué le ministre d'État responsable des Affaires étrangères et consulaires, Lynne Yeli.

Mohamed Fahmy reconnaît le travail effectué par Ottawa, mais estime qu'il aurait pu être relâché bien plus rapidement si le ministre des Affaires étrangères de l'époque, John Baird, n'avait pas commis des « bourdes diplomatiques ».

« Dire que le gouvernement a réussi à m'obtenir un pardon, je crois que c'est une exagération », a-t-il dit en entrevue. Le journaliste promet d'ailleurs de révéler d'autres détails sur cette affaire lorsqu'il sera au pays.

De retour au Canada, Mohamed Fahmy commencera par ailleurs une nouvelle carrière. Il enseignera à la faculté de journalisme de 'Université de Colombie-Britannique (UBC), qui l'a recruté.

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