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Le journaliste sportif Lionel Duval est décédé

C'est avec beaucoup de tristesse que le service des sports de Radio-Canada a appris la mort de Lionel Duval, vendredi, à l'âge de 83 ans.

Il est décédé vendredi, vers 8 h, au Centre d'hébergement Jeanne-Crevier de Boucherville.

Lionel Duval avait pris sa retraite de Radio-Canada en 1993, après 32 ans au service de la société d'État.

C'est à Hull qu'il effectue ses premiers pas dans les médias, à la station radiophonique CKCH, tout en faisant ses études à l'École supérieure de Hull, au début des années 1950.

D'abord affecté aux faits divers et aux nouvelles judiciaires, il est plus tard invité à animer une émission sportive régionale à CKCH. Jean-Paul Lemire, son patron, lui offre ensuite la chance de commenter un match de hockey à l'Auditorium d'Ottawa, à des fins d'audition. Le résultat sera concluant.

Attiré par le métier de commentateur à un très jeune âge après avoir entendu Michel Normandin décrire les matchs du Canadien à la radio, M. Duval devient, vers la fin des années 1950, le commentateur attitré des rencontres du Canadien de Hull-Ottawa, une équipe évoluant à la fois dans la Ligue de l'Ontario et dans la Ligue senior de l'Ontario.

Cette équipe, affiliée au Canadien de Montréal, est alors dirigée par Sam Pollock, futur directeur général du Canadien. Elle compte dans ses rangs plusieurs futures vedettes du Tricolore, dont Gilles Tremblay, qui deviendra son collègue de travail à La soirée du hockey pendant une vingtaine d'années.

C'est au début des années 1960, alors qu'il travaille toujours dans l'Outaouais, que M. Duval fait le saut vers la télévision. À titre de pigiste, il anime d'abord une émission hebdomadaire de 30 minutes consacrée au sport régional à la station affiliée de la SRC à Ottawa.

Puis, en 1964, il obtient son transfert à Montréal, et entre à Radio-Canada quand il trouve sa place dans l'équipe de La soirée du hockey à titre d'animateur et de présentateur.

Il a fait partie du célèbre quatuor de La soirée du hockey formé de René Lecavalier, Richard Garneau et Gilles Tremblay, qui a connu un grand succès. Vouant une admiration pour M. Lecavalier, dont il admirait la qualité du langage, M. Duval a lui aussi contribué à franciser le vocabulaire des sports nord-américains.

Les réactions sont nombreuses

Ses anciens collègues gardent de précieux souvenirs de cet homme attachant et de ce professionnel minitieux.

« C'était un talent naturel, doté d'une belle voix. Il se distinguait aussi par sa grande simplicité. Il ne se prenait pas pour un autre et les gens se reconnaissaient en lui », a décrit Pierre Dufault, qui a d'abord travaillé avec lui à la radio privée à Hull avant que leur route ne se croise de nouveau à Montréal.

Jean Pagé, lui aussi un ancien collègue à Radio-Canada, a noté qu'il était dans la vie comme il était à l'écran: un gars simple et attachant.

« C'était aussi un excellent descripteur de hockey même s'il n'a jamais réalisé son grand rêve d'être le descripteur titulaire de la Soirée du hockey à la télévision, se souvient M. Pagé. Il avait cette passion pour le hockey. »

L'ancien défenseur du Canadien, Pierre Bouchard, qui a côtoyé M. Duval à titre d'analyste lors des entractes à la Soirée du hockey au milieu des années 1980, a été témoin de sa rigueur au travail.

« Il prenait ça vraiment à coeur. C'était un perfectionniste, se rappelle M. Bouchard. J'ai eu du plaisir à travailler avec lui. »

L'ancien capitaine du Canadien, Serge Savard, garde aussi un excellent souvenir de Lionel Duval.

« On le considérait comme faisant partie du groupe. Peu importe qui rentrait dans la chambre des joueurs à cette époque-là, il y avait une fraternité entre les joueurs et les journalistes, rappelle Serge Savard. Et Lionel s'est fait mouiller plus d'une fois, comme les autres! »

Un homme humble et apprécié du public

Originaire de l'Estrie, Lionel Duval a couvert plusieurs Jeux olympiques en compagnie de ses collègues du service des sports. Des Jeux de 1972 à Munich jusqu'à ceux de 1992 à Albertville.

Lors des Jeux de 1976, à Montréal, il a décrit les épreuves d'aviron, de canoë-kayak et de cyclisme, un sport qu'il aimait presqu'autant que le hockey.

« Les Jeux olympiques à Montréal sont venus animer à un degré inégalé notre sentiment de fierté. Ce fut une exceptionnelle réussite humaine et technologique, a-t-il expliqué dans sa biographie écrite par Luc Bertrand, et intitulée « Revoyons les faits saillants », publiée en 2001.

« Comme journalistes sportifs, j'ose croire, bien humblement, que nous avons contribué à ce succès. J'y vois encore aujourd'hui une réalisation propre à nourrir notre fierté collective.

Très apprécié du public, Lionel Duval a gagné en 1990 un prix MétroStar dans la catégorie meilleur animateur sportif.

Il n'a pas hésité à tourner dans des publicités humoristiques pour une boisson gazeuse avec le comédien Claude Meunier.

Grand amateur de tennis, Lionel Duval a gardé la forme après sa retraite, mais la maladie de Parkinson l'a affaibli ces dernières années.

Le service des sports de Radio-Canada offre ses condoléances à sa femme Françoise et à ses trois enfants.

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