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Le juge diffusera son verdict dans l’affaire des colis explosifs à Winnipeg aujourd’hui

Guido Amsel, l'homme de 52 ans accusé d'avoir envoyé des colis piégés à des avocats ainsi qu'à son ex-femme en 2015 à Winnipeg, connaîtra son sort jeudi. La juge Tracey Lord livrera son verdict à 14 h.

M. Amsel a plaidé non coupable à cinq chefs d’accusation pour meurtre, une accusation pour voies de fait graves, et plusieurs chefs liés aux explosifs.

Il a été arrêté en juillet 2015, à la suite d’envois de paquets contenant un engin explosif à son ex-femme ainsi qu’à deux des cabinets d’avocats qui ont représenté cette dernière lors de leur divorce.

L’un des engins a explosé et a grièvement blessé l'avocate de son ex-femme, Maria Mitousis. Cette dernière a perdu une main et a subi de nombreuses blessures graves au visage, à la poitrine et aux cuisses à cause de l'explosion du dispositif dans son cabinet d’avocat.

Les deux autres colis piégés, ainsi que trois bombes repérées dans un cabinet d’avocats, un garage et un atelier de débosselage, ont été neutralisés par la police de Winnipeg.

Le verdict de la juge Mme Lord sera diffusé en direct. Habituellement, les caméras sont interdites dans les salles d’audience, mais des exceptions sont parfois faites dans des affaires importantes.

Le procès qui a commencé le 24 octobre 2017 a duré huit semaines, et entendu les témoignages de plusieurs douzaines de témoins, dont l’ex-épouse de M. Amsel, Iris Amsel.

Le tribunal a entendu que les bombes ont été envoyées une semaine avant une vente aux enchères qui visait à rembourser une dette de M. Amsel envers son ex-femme.

Conflit conjugal

Me Mitousis représentait Iris Amsel depuis 2010 dans un litige civil, quelques années après la séparation du couple.

La cour a entendu que M. Amsel a demandé un divorce en 2001, près de 10 ans après l’immigration du couple de natifs d’Allemagne. Le divorce a été complété en 2004, mais les deux ont continué à travailler dans les deux ateliers de réparation de carrosseries fondés par M. Amsel.

En 2005, il a marié une femme philippine qu’il a rencontrée sur Internet. C’est à ce moment-là que M. et Mme Amsel sont chacun devenu propriétaires de l’un des commerces, et divisés leurs biens. Mme Amsel a témoigné qu’elle a continué de travailler avec M. Amsel jusqu’en 2009, quand il apprit qu’elle s’était créé une fausse identité en ligne pour entraver sa nouvelle relation depuis plusieurs années.

Elle a avoué avoir créé une fausse identité, mais nie avoir été en contact avec la nouvelle conjointe de M. Amsel.

L’avocat de la défense, Saheel Zamen, a imputé à Iris Amsel plusieurs autres stratagèmes visant à compromettre la relation de M. Amsel et de sa nouvelle épouse. Elle nie ces allégations.

En 2010, Iris Amsel a embauché Me Mitousis pour poursuivre Guido Amsel et récupérer de l’argent qui lui était dû après le divorce. M. Amsel a alors engagé une contre-poursuite qui était sans verdict au moment de son arrestation en 2015.

À la barre des témoins, Guido Amsel a accusé son ex-femme de lui avoir volé plus de 3 millions de dollars par le biais de l'atelier de réparation de carrosseries qu’ils possédaient en copropriété.

En octobre, Me Zamen avait également évoqué le fait que Mme Amsel pourrait être à l’origine des colis piégés. Iris Amsel a nié catégoriquement tout agissement illégal et n’a été inculpée d’aucune infraction.

Des témoignages devant le tribunal ont révélé que l’ADN de M. Amsel avait été trouvé sur une ficelle non loin d’un cratère causé par une explosion chez Mme Amsel en 2013, et sur l’enveloppe de plastique qui contenait l'enregistreur piégé envoyé à Me Mitousis.

Après son arrestation, M. Amsel a eu de la difficulté à retenir les services d’un avocat pour le défendre. Plus tard, il a demandé, sans succès, d’être entendu par un juge de l’extérieur de la province.

Avec des informations de Caroline Barghout, CBC News

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