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Le juge en chef Richard Wagner réclame plus de ressources pour le système judiciaire

Le nouveau juge en chef de la Cour suprême du Canada qualifie de « réveil » l'arrêt Jordan qui vient limiter la durée des procédures judiciaires. Pour améliorer l'accès aux tribunaux, Richard Wagner estime que les gouvernements devront accorder plus de ressources au système de justice, tandis que le plus haut tribunal du pays devra faire des efforts pour se rapprocher des Canadiens.

Un texte de Mathieu Gohier, des Coulisses du pouvoir

En poste depuis décembre, le juge Wagner a une idée claire des choses qu'il veut voir s'améliorer dans le système judiciaire, mais aussi à la Cour suprême.

Dans une première entrevue accordée à l'émission Les coulisses du pouvoir, le successeur de Beverley McLachlin croit que les gouvernements n'ont plus d'autres choix que d'investir dans tout l'appareil judiciaire, alors qu'est réclamé de toutes parts un meilleur accès à la justice.

« Le domaine de la justice, pas seulement au Québec et au Canada, mais dans le monde entier dans les sociétés démocratiques, c'était devenu le parent pauvre des administrations publiques. Il y avait des besoins ailleurs, l'éducation, la santé, ça se comprend. Mais au fil des ans, on s'est aperçu que les budgets n'étaient plus là pour les tribunaux, pour l'aide juridique, pour tous les services qui concernent la justice », avance Richard Wagner.

Si le juge en chef de la Cour suprême croit que le « son de réveil » de l'arrêt Jordan pour « investir dans la justice » a été entendu par les gouvernements, il estime que le seul réengagement de l'État ne suffira pas à améliorer l'accès aux tribunaux.

« [Une] prise de conscience des acteurs également, des barreaux, des avocats, pour agir en conséquence. Les juges, également, et je pense que ça concerne les tribunaux », indique le juge Wagner en entrevue.

Rapprocher la Cour suprême des Canadiens

Pour maintenir la confiance du public envers l'institution qu'est la Cour suprême, Richard Wagner s'engage à rendre celle-ci plus ouverte et plus proche des Canadiens. Le nouveau juge en chef croit que le déclin des médias traditionnels, qui couvrent de moins en moins le plus haut tribunal du pays, force celui-ci à s'adapter pour rejoindre le public.

« À l'ère des médias sociaux et de l'information continue, il appartient de plus en plus aux juges, aux tribunaux, et donc à la Cour suprême d'assumer ce rôle-là, d'aviser et d'informer la population », soutient le juge Wagner.

Pour y parvenir, le plus haut magistrat au pays cite en exemple la présence de la Cour suprême sur les médias sociaux et la préparation de résumés, en termes accessibles, des décisions rendues par la Cour.

À 60 ans, Richard Wagner pourrait être juge en chef pendant 15 ans. Un mandat qui lui donne les coudées franches pour réaliser ses ambitions. Comment imagine-t-il la Cour suprême quand viendra le temps pour lui de céder sa place?

« C'est une bonne question. J'espère que la Cour sera encore très pertinente, comme elle l'est présentement, et à laquelle les gens continueront à accorder beaucoup de crédibilité. »

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