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Le legs de Rob Ford : du contrôle des dépenses aux métros

Qu'on l'ait aimé ou détesté, l'ancien maire de Toronto Rob Ford a profondément marqué la politique canadienne, de la façon de faire campagne à l'obsession des finances publiques.

Un texte de Michel Bolduc

Celui qui a gouverné Toronto de 2010 à 2014 s'est éteint hier.

Les drapeaux sont en berne à l'hôtel de ville, où le public peut signer un registre de condoléances.

Des dizaines de résidents ont par ailleurs écrit des messages de condoléances à la craie sur la place Nathan Phillips, comme ils l'avaient fait après la mort de Jack Layton.

Le conseil municipal devra choisir au cours des prochains mois s'il organise une élection partielle pour combler le siège de l'échevin Rob Ford ou s'il nomme un remplaçant jusqu'au scrutin de 2018.

5 ÉLÉMENTS DU LEGS DE ROB FORD :

1) Dépenser, ce n'est pas bien

S'il y a une chose que les Torontois aimaient en Rob Ford, c'est son obsession du contrôle des dépenses. Lorsqu'il était conseiller municipal, il n'utilisait presque pas un cent de son budget de bureau. Il s'était fait élire à la mairie en 2010 en promettant de mettre fin au « train du gaspillage » (Gravy Train) à l'hôtel de ville. Au bout du compte, il n'a jamais trouvé les milliards de dollars en économies promises dans le budget. Par ailleurs, le service de transport en commun a été sabré sous sa gouverne.

Mais, pour le meilleur ou pour le pire, il a contribué à faire du contrôle des dépenses publiques un enjeu électoral incontournable au pays.

2) La privatisation

Une des grandes réussites de l'ère Ford aura été de privatiser la collecte des ordures dans l'ouest de Toronto.

La mesure a généré des économies annuelles de 11 millions de dollars pour la Ville.

Par ailleurs, le niveau de service ne s'est pas détérioré.

Rob Ford a donc brisé ce tabou à Toronto.

3) Métro, métro, métro

La première chose que Rob Ford a faite après avoir pris le pouvoir en 2010 a été de jeter à la poubelle le projet de nouvelles lignes de trains légers de son prédécesseur, disant que les tramways, ça bloquait les automobiles. Pour lui, le métro, voyageant sous terre, était le seul mode de transport en commun acceptable, malgré son coût beaucoup plus élevé.

Sa réussite est mitigée à ce sujet. Le projet de prolongement de la ligne de métro Sheppard n'a jamais vu le jour, alors que le nouveau tronçon prévu dans l'est de la ville a été réduit à une station. Par ailleurs, les Torontois doivent payer des frais supplémentaires pour financer le projet.

4) Le triomphe de la personnalité

Les partisans de Rob Ford étaient prêts à tout lui pardonner, même sa consommation de crack. C'est en grande partie grâce à sa personnalité attachante. L'ancien maire savait comment se mettre au niveau de tous, du banquier au résident d'un logement social, même s'il était lui-même millionnaire. Par ailleurs, les électeurs aimaient le fait qu'il parlait librement, sans se soucier des conséquences.

Plusieurs observateurs l'ont comparé au candidat présidentiel américain Donald Trump.

5) Il a fait connaître Toronto

La mort de Rob Ford a fait les manchettes un peu partout aux États-Unis et en Europe, notamment, reflétant sa notoriété internationale.

Son passage à la mairie de Toronto a été marqué par sa consommation de crack et les commentaires n'étaient pas élogieux à son sujet. Mais, parlez-en mal ou en bien, il aura fait rayonner la ville. Il est difficile de savoir, toutefois, si cela a entraîné une hausse du tourisme, par exemple.

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