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Le « Magicien d'Oz » à la rescousse de Harper : gare aux discrets!

Il s'appelle Lynton Crosby et on le surnomme le « Magicien d'Oz ». Il vient d'être appelé à la rescousse de Stephen Harper et de la campagne conservatrice, après avoir réussi à faire élire des gouvernements de droite dans les trois pays dont le type de gouvernement ressemble le plus au nôtre : la Grande-Bretagne, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Un blogue de Michel C. Auger

On peut penser qu'un organisateur politique - même s'il a une réputation de magicien - ne peut pas changer complètement l'allure d'une campagne électorale à cinq semaines du fil d'arrivée. Surtout quand l'usure du pouvoir a fait son oeuvre après presque 10 ans de pouvoir.

Mais M. Crosby a une spécialité qui pourrait beaucoup aider les conservateurs le 19 octobre. Il sait comment mobiliser les électeurs discrets. Ceux qui ne répondent pas aux sondages. Ceux qui sont inquiets de voir arriver plus de réfugiés du Moyen-Orient. Ceux qui craignent le retour des déficits. Ceux qui ne disent pas leurs opinions pour ne pas avoir l'air de ne pas être « politiquement correct ».

Un slogan inventé par Lynton Crosby pourrait illustrer tout ce que la campagne conservatrice semble vouloir dire, sans beaucoup de succès, depuis quelques semaines : « Pensez-vous ce que nous pensons?  (Are you thinking what we're thinking?) »

Sur ce grand tableau vide, l'électeur peut choisir d'inscrire ce qui lui fait peur ou l'enjeu qui l'intéresse et dont les autres partis ne parlent pas.

Dans un mouchoir de poche

Il y a quelques jours encore, on pouvait croire que les conservateurs avaient glissé pour de bon au dernier rang des intentions de vote et qu'ils ne se relèveraient pas des tuiles qui se sont accumulées depuis le début de la campagne. Aujourd'hui, les trois partis se retrouvent dans un mouchoir de poche, à égalité statistique dans à peu près tous les sondages.

Les libéraux ont eu un bon début de campagne. Les attentes envers Justin Trudeau avaient beau être très basses, il reste qu'il les a surpassées. Mais cette bonne première impression ne peut pas durer toute une campagne. Les débats des chefs, dont celui de cette semaine sur l'économie, pourraient être cruciaux pour la crédibilité de M. Trudeau.

Pour les néo-démocrates, qui ont mené pendant tout le mois d'août, ce recul peut être une occasion à saisir. Les néo-démocrates, surtout en Ontario, mais aussi ailleurs au pays, traînent la réputation de ne pas être fiables au gouvernement. La publication, attendue cette semaine, de leur cadre financier pourrait jouer un grand rôle pour dissiper ces craintes ou les confirmer.

Quant aux conservateurs, ils doivent limiter leurs pertes et ramener vers eux les électeurs discrets qui ont souvent les mêmes valeurs qu'eux, mais qui se sont éloignés du parti soit à cause de questions d'éthique, comme l'affaire Duffy, ou simplement à cause de l'usure du pouvoir. Une tâche pour laquelle ils viennent d'appeler en renfort un expert de la politique de la division, qui sait comment jouer les cartes de la sécurité et d'une certaine crainte de l'étranger pour ramener vers Stephen Harper les électeurs discrets.

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