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Le « maître chez nous » des Inuits du Nunavik

La Fédération des Coopératives du Nord du Québec, qui a eu 50 ans l'an dernier, est une histoire de succès économique et d'autonomie.

Un texte d'Émilie Dubreuil

Tout commence au milieu des années 50. À cette époque, la sculpture du Nord connaît un vif succès dans les galeries d’art des grandes villes, aussi bien à Paris qu’à New York ou à Montréal. Mais c’est la Compagnie de la Baie d’Hudson qui empoche les profits.

Les Inuits y échangent les peaux des animaux chassés, mais aussi les œuvres d’art, contre des denrées : sucre, tabac, farine, etc. Ce commerce, et c’est le moins qu’on puisse dire, n'est pas à leur avantage.

Un missionnaire établi à Puvirnituq réunit donc quelques artistes pour les convaincre de se lancer en affaires.

« Vous êtes autant capables que les Blancs, c’est ce que je leur ai dit », raconte André Steinman, dans une entrevue accordée à l’émission Focus de CBC, retrouvée dans nos archives.

L'histoire d'un succès

Une coopérative d’artistes voit le jour, puis une coopérative tout court. Parallèlement, à Kangiqsualujjuaq, alors que les villageois meurent de faim et que la Compagnie de la Baie d’Hudson refuse de les aider, les pêcheurs fondent la première coopérative du Nunavik. C'est le point de départ d'une idée qui va se propager à travers la région.

En 1967, de petites organisations dispersées dans les villages vont s’unir au sein de la Fédération des coopératives du Nord du Québec.

La FCNQ est aujourd'hui une entreprise de taille. Elle possède magasins généraux, hôtels, restaurants, et distribue même le pétrole sur le territoire. Elle a remis l'an dernier à une population d’à peine 12 000 personnes près de 12 millions en dividendes.

C’est donc l’économie inuite pour et par les Inuits.

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