L'inondation prochaine du réservoir du projet hydroélectrique de Muskrat Falls, au Labrador, met en lumière la dispersion de méthylmercure dans l'environnement. 

Le mercure est un métal présent naturellement dans l'environnement. Il émane des rochers, du sol et des volcans depuis des centaines de milliers d'années, et se disperse ensuite dans les sols, les eaux et les sédiments.

Les activités humaines, comme l'exploitation minière ou la combustion de déchets, engendrent également des rejets de mercure dans l'environnement.

Lorsqu'il se trouve dans le sol, le mercure pose relativement peu de danger. C'est lorsque le sol est inondé, comme dans le cas des réservoirs hydrauliques, que les bactéries et les champignons commencent « à digérer » la matière solide comme la végétation. Le mercure inorganique se change alors en sa forme la plus toxique : le méthylmercure.

Cette forme de mercure dite organique est habituellement présente à de faibles concentrations dans l'eau, mais elle a la capacité de se concentrer très fortement dans les organismes aquatiques, notamment dans le plancton ou chez les poissons prédateurs comme le requin, le brochet, l'achigan et le doré jaune.

En fait, sa teneur tend à s'élever au fil de la chaîne alimentaire, à chaque fois qu'une espèce en mange une autre.

Chez les animaux

La contamination par le mercure est à l'origine de nombreux symptômes dans les organismes, et ses effets sont particulièrement ressentis dans les reins et les systèmes neurologiques, explique Environnement Canada.

Bien que de faibles niveaux ne soient pas directement mortels, ses effets toxicologiques comme une diminution de la reproduction, de la croissance, du neurodéveloppement et de l'aptitude à apprendre, associée à des troubles du comportement, peuvent accroître le taux de mortalité de certaines espèces sauvages.

Chez l'humain

Selon Santé Canada, le méthylmercure peut traverser le placenta de la femme enceinte et s'accumuler dans le cerveau et les tissus du foetus. L'enfant peut également être contaminé au méthylmercure par ingestion de lait maternel.

Le système nerveux en développement d'un enfant est particulièrement sensible au méthylmercure.

Les effets varient selon le niveau d'exposition : ils peuvent se manifester par une baisse du QI, des retards moteurs et verbaux, un manque de coordination, des problèmes de cécité ou encore des crises d'épilepsie.

Chez les adultes, les effets d'une exposition importante se remarquent par des changements de personnalité, des tremblements, des troubles visuels, des problèmes de surdité, la perte de coordination musculaire et de sensation, des troubles de la mémoire, des déficiences intellectuelles et même le décès.

L'agence de protection environnementale américaine classe le méthylmercure comme une substance potentiellement cancérogène pour l'humain. De récentes découvertes décrivent les effets indésirables sur le système immunitaire et cardiovasculaire pour de très faibles concentrations de mercure.

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