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Le ministre Daoust démissionne dans la controverse entourant Rona

La controverse entourant la vente de l'entreprise Rona aura eu raison de Jacques Daoust, qui a annoncé vendredi sa démission à la fois à titre de ministre des Transports et de député de Verdun.

Dans un communiqué, M. Daoust se défend d'avoir joué un rôle dans la décision de donner l'autorisation à Investissement Québec de se départir de ses 11 millions d'actions de Rona. Le géant américain Lowe's a finalement fait l'acquisition de l'entreprise en février dernier.

« Je tiens, dans un premier temps, écrit M. Daoust, à réitérer qu'en tout moment j'ai toujours dit la vérité, et mes déclarations dans le dossier de la vente des actions de Rona ont été rigoureusement exactes. Je n'avais pas été informé de l'intention des administrateurs de vendre la participation d'Investissement Québec dans Rona, je n'ai pas donné d'autorisation à celle-ci et je n'avais pas à le faire en raison des règles en vigueur chez Investissement Québec. » 

L'opposition reste sur sa faim

Le député péquiste de Sanguinet, Alain Therrien, n'a pas caché sa satisfaction en apprenant la démission du ministre, dont il a tant critiqué les actions au cours des derniers jours. « Il était temps qu'il remette sa démission. Je me demande pourquoi Philippe Couillard a attendu si longtemps avant de lui montrer la sortie », a-t-il dit.

M. Therrien se questionne aussi sur l'ancien chef de cabinet de Jacques Daoust.

Pour le porte-parole de la CAQ, François Bonnardel, le départ de Jacques Daoust donne lieu à une série de questions qu'il a l'intention de poser la semaine prochaine en commission parlementaire.

« Il y a à peine deux ans, M. [Raymond] Bachand avait dit : ''Il faut acheter des actions, il faut avoir un bloc avec la Caisse de dépôt pour empêcher que notre fleuron quitte.'' Et deux ans plus tard, par un simple OK, on a vendu ces actions. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, et on va essayer d'avoir les réponses en commission la semaine prochaine », ajoute le député sur les ondes d'ICI RDI.

La députée de Québec solidaire Manon Massé estime pour sa part que Jacques Daoust est peut-être le bouc émissaire de tout ce dossier.

Couillard rend hommage à Daoust et annonce un remaniement ministériel

Après avoir réclamé en matinée « des réponses sérieuses » et « très rapidement » dans le dossier de la vente controversée de Rona, le premier ministre a réagi à la démission de Jacques Daoust en vantant son parcours professionnel.  

« Arrivé en politique en 2014, il a su représenter les électeurs de Verdun avec dévouement au cours des deux dernières années. À titre de ministre du gouvernement, il a mené plusieurs dossiers stratégiques. Pensons seulement à la conclusion du partenariat de la C Series avec Bombardier qui assurera le maintien de ce projet innovant et structurant pour le Québec », dit M. Couillard dans un communiqué.

Dans un communiqué distinct, le premier ministre annonce qu'il procédera samedi matin, à 10 h, « à des ajustements à la composition du Conseil des ministres ». Il n'est pas précisé si ce mouvement concernera seulement le ministère des Transports laissé vacant avec le départ de Jacques Daoust ou s'il touchera d'autres portefeuilles.

Révélations

Plus tôt dans la journée, le Parti québécois répétait que M. Daoust devrait être accusé d'outrage au Parlement pour avoir menti à la population et aux parlementaires au sujet de son implication dans la vente de Rona.

Le député Alain Therrien a alors évoqué des courriels compromettants illustrant le rôle du ministre dans la vente de Rona alors qu'il était à la tête du ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations.

Le Parti québécois avait produit en juin une copie d'un procès-verbal d'Investissement Québec témoignant que Jacques Daoust était bien présent à la fin de la réunion du 17 novembre 2014, contrairement à ce qu'il avait affirmé.

Un échange de courriels entre le directeur du cabinet et l'ancien ministre de l'Économie dévoilé jeudi confirme cette fois qu'Investissement Québec a demandé la permission et l'autorisation du ministère avant la vente de ses actions de Rona.

L'échange de courriels, dont Radio-Canada a obtenu une copie, permet de constater que deux heures plus tard, le vice-président avait bien reçu l'aval du ministère.

M. Therrien croit impossible que le directeur du cabinet puisse avoir pris cette décision sans avoir consulté le ministre.

Voici l'échange de courriels survenu le 26 novembre 2014 entre le vice-président principal d'Investissement Québec et Pierre Ouellet, alors chef de cabinet du ministre Daoust : 

Le 26 novembre 2014, à 14 h 16, Jean-Jacques Carrier écrit à Pierre Ouellet:

Pierre Ouellet lui répond deux minutes plus tard:

Finalement, à 16 h 42, M. Carrier reçoit la réponse de M. Ouellet:

Jacques Daoust avait nié à plusieurs reprises avoir été consulté au sujet de la vente des actions de Rona et avait même soutenu qu'il aurait exprimé des réserves si Investissement Québec (IQ) l'avait consulté avant de liquider sa participation dans l'entreprise, passée ensuite aux mains d'un concurrent américain.

L'ancien ministre de l'Économie s'est retrouvé sur la sellette, au printemps, après la publication d'un rapport de la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, affirmant qu'il avait autorisé, en 2014, la vente de la totalité des actions du quincaillier Rona.

Dans le document, Mme Leclerc avait retracé les étapes de la participation financière d'Investissement Québec dans l'entreprise.

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