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Le ministre de l’Éducation prévient les enseignants : il y a une frontière à ne pas franchir

Alors que de nombreux petits Québécois vivaient leur rentrée scolaire, le ministre de l'Éducation, François Blais, a mis en garde les enseignants : la contestation en cours dans le réseau de l'éducation ne doit pas perturber l'enseignement prodigué aux enfants.

« Il ne faut pas [perturber l'enseignement], prévient François Blais. Je demande aux enseignants de respecter l'entièreté de leur contrat. Je compte sur eux là-dessus et il faut comprendre qu'on ne peut pas laisser de marge de manoeuvre ».

Le ministre Blais reconnaît que les enseignants ont le droit de présenter leur situation à la population et de manifester leur mécontentement, mais, insiste-t-il,« il y a une frontière qu'ils ne doivent pas franchir; je leur fais confiance pour qu'ils ne la franchissent pas ».

Par le restaurant de l'hôtel...

Le ministre de l'Éducation a tenu ces propos en marge du caucus du Parti libéral du Québec (PLQ) qui se tenait à Saint-Georges, en Beauce.

Un incident a d'ailleurs retenu l'attention en début de journée jeudi : quatre syndiqués de l'enseignement se sont introduits dans l'hôtel où se tenait l'événement, déjouant l'important dispositif de surveillance policière en passant par le restaurant de l'hôtel, où ils ont pris leur petit-déjeuner. Ils ont ensuite fait irruption dans le hall où le premier ministre Philippe Couillard s'apprêtait à s'adresser à la presse.

Les manifestants ont brandi une banderole en criant : « Le gouvernement Couillard abandonne l'école publique. » Ils ont été expulsés.

Pendant ce temps, une poignée de manifestants de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) ont protesté bruyamment devant l'hôtel.

Le président du syndicat, Sylvain Mallette, a indiqué que son organisation envisageait des recours juridiques contre le gouvernement pour l'obliger à fournir des services aux élèves en difficulté, en vertu de la Loi sur l'instruction publique, qui prévoit que tous ont droit à l'enseignement.

« Il y a aujourd'hui des élèves qui sont privés de services, et les responsables des difficultés d'apprentissage sont Philippe Couillard et son équipe, qui ont fait le choix d'abandonner littéralement l'école publique », a-t-il commenté dans un point de presse après l'incident.

Les syndiqués dénoncent des compressions de plus de 350 millions de dollars, seulement cette année. Selon eux, les offres patronales actuelles du gouvernement se traduiraient par la disparition de 600 postes d'enseignants ressources et d'enseignants orthopédagogues.

La menace de la grève

Sylvain Mallette a rappelé que ses troupes ont un mandat de grève et qu'elles sont prêtes à l'exercer au moment opportun.

Pressé de questions par les journalistes à la perspective d'une grève cette année dans les écoles, le ministre Blais a rétorqué : « On n'est pas rendus là du tout. »

Les pourparlers, considère François Blais, se déroulent bien. Il dit qu'il est « plutôt exceptionnel » que les enseignants aient accepté de s'asseoir à la table de négociation cet été. 

Les parents sont inquiets, reconnaît le ministre

« Je ne vois pas de mobilisation de masse », a également déclaré le ministre Blais en réponse à une question sur la mobilisation des parents. « Je comprends qu'il y a des inquiétudes » au sein de la population, ajoute-t-il, estimant qu'il « y a toutes sortes de choses qui ont été colportées ces derniers mois sur les compressions budgétaires.

Fort de l'élection du candidat libéral dans la circonscription de Chauveau, lors d'une élection complémentaire, M. Blais avance que les parents comprennent l'effort budgétaire qui leur est demandé. « Je pense que la majorité de la population comprend la situation et est prête à nous suivre », poursuit-il.

Cette déclaration du ministre survient quelques jours avant la manifestation organisée par le collectif « Je protège mon école publique ». Le collectif, dont les assises sont montréalaises, appelle les parents à former des chaînes humaines autour de leur école.

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