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Le mouvement « zéro déchet » gagne les épiceries

Réduire le gaspillage est une priorité pour de nombreux citoyens. Et certains cherchent même à éliminer complètement leur production de déchets. La communauté « zéro déchet » trouve d'ailleurs des adeptes autant chez les consommateurs que chez les commerçants.

Un texte de Michel Marsolais

L'épicerie Méga Vrac, rue Masson, à Montréal, affiche depuis peu sa nouvelle vocation : zéro déchet. L'épicerie ne vend désormais que des produits sans aucun emballage.

« L'emballage des produits, c'est ça, le gaspillage essentiel et même le gaspillage au niveau des fournisseurs. Notre but, c'est d'éliminer le gaspillage à la source. Donc, on travaille avec des producteurs locaux le plus possible. Nos clients, ils viennent avec leurs contenants », explique Ahlem Belkheir, copropriétaire de l'épicerie.

La pollution par le plastique devient un problème grandissant. D'ailleurs, 70 % du plastique de nos sites d'enfouissement proviennent des emballages du secteur alimentaire.

Dans la philosophie du zéro déchet, on évite tous les achats avec emballage. On magasine donc avec ses propres contenants pour tout, même les détergents et les produits ménagers.

Ahlem Belkheir estime que ses clients étaient prêts à faire un peu plus d'effort pour l'environnement.

« Cela évite d'avoir des déchets à la suite de l'utilisation des produits et [j'aime] aussi le fait que ce soit près de la maison. Pas d'essence, pas de sacs à jeter, c'est parfait pour moi », confirme Marie-France Despatie, qui a apporté son contenant de plastique pour son achat.

« J'ai vu vraiment la transition vers le zéro déchet, et c'est ça qui a fait en sorte qu'on est devenus fidèles », dit aussi Karine Bélanger, une autre cliente.
Trouver les fournisseurs n'a toutefois pas été simple.

« On a fait beaucoup de recherche. On a trouvé les bons fournisseurs, ceux qui étaient sensibles à la cause écologique. On les a trouvés », dit Anis Belkheir, également copropriétaire.

Un concept qui prend de l'ampleur

Le concept du zéro déchet a le vent dans les voiles depuis la publication en 2014 du livre Zero Waste, de la Franco-Américaine Béa Johnson qui vivrait sans produire de déchets depuis 2008.

« Un : il faut refuser ce dont on n'a pas besoin. Deux : réduire ce dont on a besoin. Trois : recycler ce qui reste », explique Béa Johnson.

Toutefois, l'application de ce principe n'est pas toujours commode.

« Il y a une certaine résistance parce qu'être écologique et zéro déchet, ce n'est pas pratique », admet Ahlem Belkheir.

Steven Guilbeault, de l'organisme Équiterre, pense toutefois que le concept va aller loin et qu'il ne s'agit pas seulement d'une façon de se donner bonne conscience.
« Au début, ça commence toujours par des initiatives un peu éparses faites par des pionniers, mais le mouvement prend de plus en plus d'ampleur », estime-t-il.

L'emballage est aussi lié au gaspillage alimentaire. Près de 40 % des aliments produits finissent à la poubelle. Au Canada, le gaspillage alimentaire se chiffrerait à 31 milliards de dollars.

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