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Le Nobel d'économie à Angus Deaton pour ses travaux sur la pauvreté

L'Américano-Britannique Angus Deaton, 69 ans, a remporté le prix Nobel d'économie, « pour son analyse de la consommation, de la pauvreté et du bien-être », a annoncé l'Académie royale des Sciences de Suède.

Le professeur d'économie et d'affaires internationales, qui enseigne à l'Université Princeton, au New Jersey, est récompensé pour ses analyses sur le phénomène de la consommation de même que sur la pauvreté et l'aide sociale.

« Pour établir une politique économique qui privilégie le bien-être et réduise la pauvreté, nous devons d'abord comprendre les choix de consommation des individus », a commenté l'académie, en annonçant ce prix de huit millions de couronnes (1,27 million de dollars).

« Plus que tout autre, Angus Deaton a développé cette compréhension », poursuit le communiqué.

Répartition des dépenses et mesure du bien-être individuel

Selon l'académie, les travaux de Deaton ont eu une grande influence sur certaines décisions politiques, en montrant par exemple quels étaient les groupes sociaux les plus affectés par une hausse de taxe sur les produits alimentaires.

Au cours de sa carrière, Angus Deaton a analysé des problèmes complexes, comme les relations entre le revenu et la quantité de calories consommée, ainsi que la discrimination liée au sexe au sein des familles.

Ses recherches ont aussi favorisé le recueil de données dans les pays développés, notamment sur la consommation des ménages, afin de mesurer le niveau de vie et la pauvreté.

Le nouveau prix Nobel est le père du « paradoxe de Deaton », selon lequel la consommation ne varie que très lentement dans le cas de variations brusques des revenus.

« En reliant les choix individuels et les résultats globaux, sa recherche a contribué à transformer les domaines de la microéconomie, de la macroéconomie, et de l'économie du développement », poursuit l'académie.

Le dernier-né des Nobel, officiellement « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel », vient clore une saison marquée par le prix de littérature décerné à la Bélarusse Svetlana Alexievitch et le prix de la paix attribué à un quartette d'organisations qui a permis de sauver la transition démocratique en Tunisie.

Doit-on nobéliser les économistes?

Discipline controversée, éminemment politique pour certains, l'économie se distingue des sciences de la nature à l'honneur la semaine précédente. « L'économie n'est pas une science expérimentale », affirme sur le site Internet de la Fondation Nobel l'ancien président du jury en économie, Peter Englund.

Chaque année, on rappelle qu'Alfred Nobel n'aurait jamais eu l'idée de récompenser les économistes, et que cette distinction s'est greffée aux autres à partir de 1969, pour fêter les 300 ans de la banque centrale suédoise.

Le lauréat de l'édition 2014, le Français Jean Tirole, primé pour son « analyse de la puissance de marché et de la régulation », n'échappait pas à la polémique : partisan d'une refonte du code du travail, l'universitaire est loin de faire l'unanimité à gauche.

Au fil des ans, le prix n'a récompensé qu'une seule femme sur 75 lauréats : l'Américaine Elinor Ostrom en 2009.

Une attribution qui vient clore la saison 2015 des Nobel

En ouverture de la saison Nobel, le prix de médecine a été attribué conjointement à William Campbell, Américain né en Irlande, au Japonais Satoshi Omura et à la Chinoise Tu Youyou, découvreurs de traitements contre les infections parasitaires et le paludisme.

Le prix de physique est allé au Canadien Arthur McDonald et au Japonais Takaaki Kajita pour leurs découvertes « historiques » sur le neutrino, une particule cosmique fondamentale pour notre connaissance de l'univers et de sa création.

Enfin le Nobel de chimie a été décerné à un Suédois, Tomas Lindahl, à l'Américain Paul Modrich et à un Turco-Américain, Aziz Sancar, dont les travaux sur la réparation d'un ADN dégradé servent à la recherche contre le cancer.

Les prix Nobel, qui consistent en une médaille d'or, un diplôme et un chèque de huit millions de couronnes suédoises, sont traditionnellement remis à Stockholm le 10 décembre, date anniversaire de la mort de leur fondateur, l'industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel (1833-1896). Seul le prix de la paix est remis, le même jour, à Oslo.

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