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Le nombre de demandeurs d'asile augmente à la frontière

Avec l'arrivée du printemps, on constate une augmentation du nombre de demandeurs d'asile qui franchissent la frontière aux environs de Saint-Bernard-de-Lacolle, en Montérégie.

À la fin mars, on en comptait entre 50 et 60 par jour. Pendant la fin de semaine de Pâques, leur nombre a bondi à 500. Mercredi, il y en a eu 150, et, entre minuit et 11 h jeudi, il y en a eu 114, selon Jean-Pierre Fortin, président national du Syndicat des douanes et de l'immigration.

La majorité d'entre eux, soit 65 %, est originaire du Nigeria. « Ils ne faisaient pas partie des communautés qui avaient été identifiées pour les permis TPS [temporary protected status, délivrés par les États-Unis à des ressortissants de certains pays où il y a des conflits ou des catastrophes naturelles], qui viennent à échéance en septembre 2019. Ce sont des gens, pour une bonne part, dont le permis est expiré [aux États-Unis] et ils demandent l'asile [aux Canada] », indique Jean-Pierre Fortin.

Lorsqu’elles entrent au Canada sans passer par un poste-frontière, ces personnes sont d’abord arrêtées par les agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), puis envoyées par autocar vers un poste frontalier, où elles sont prises en charge par les agents de l’immigration.

L’augmentation de leur nombre n’inquiète pas Justin Trudeau. « Chaque personne qui arrive de façon irrégulière passe par le processus de l’immigration de façon rigoureuse. Toutes les vérifications de sécurité sont faites. […] C’est une arrivée irrégulière, mais c’est un passage dans notre système d'immigration contrôlé et rigoureux », a dit le premier ministre jeudi au cours d’une mêlée de presse.

Au cabinet du ministre fédéral de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, on rappelle qu'une somme de 173,2 millions de dollars sur deux ans a été prévue au budget 2018 afin de gérer « l'arrivée de nouvelles demandes d’asile, le processus d’admissibilité, le traitement des demandes par la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, la vérification de sécurité, les détentions et les personnes renvoyées ». On affirme aussi « sensibiliser les personnes touchées par le statut de protection temporaire afin de s'assurer qu’elles connaissent les lois canadiennes sur l’immigration .

14 mois pour évaluer le bien-fondé des demandes

Du côté du gouvernement du Québec, on continue de demander que le fédéral assume les coûts des services offerts aux demandeurs d’asile, une somme estimée à 146 millions de dollars depuis 2017. On veut aussi que les dossiers soient traités plus rapidement.

« Pendant la période d’attente [il faudrait] accélérer l’émission de permis de travail. Il y aura beaucoup plus d’acceptabilité de la part de la population si on voit que les personnes en attente d’une décision sont intégrées au marché du travail, particulièrement au moment où on a besoin de main-d’œuvre », a précisé le premier ministre Philippe Couillard jeudi lors d’une mêlée de presse.

Jean-Pierre Fortin dénonce lui aussi les délais de traitement qui s'allongent. « Habituellement, chacune de ces demandes était traitée en 60 jours. Donc, on statuait sur le bien-fondé de la demande en dedans de 60 jours. À l'heure actuelle, les demandeurs, on leur donne une date qui est le 6 juin 2019 », indique-t-il.

Justin Trudeau indique pour sa part que son gouvernement continue de travailler avec celui de Québec sur la question des coûts. « On a besoin d’avoir une réponse coordonnée et juste pour tout le monde », a-t-il dit.

Le stade olympique ne sera pas utilisé

Bon nombre de demandeurs d’asile doivent être hébergés temporairement à Montréal. L’an dernier, le stade olympique avait été réquisitionné à cette fin. Pas question de recourir à cette solution cette année, a indiqué mercredi Magda Popeanu, responsable de la diversité au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Elle a affirmé que l’administration municipale travaillait conjointement avec le Bureau d’intégration des nouveaux arrivants à Montréal (BINAM), créé l’an dernier pour offrir des services à cette population, afin d’assurer la prise en charge et le logement des nouveaux migrants.

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