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Le nord de l'Ontario est une « plaque tournante pour la traite de personnes », dit Patrick Brown

Le chef de l'opposition officielle à Queen's Park et des membres du Parti progressiste-conservateur étaient de passage à Sudbury, jeudi, pour souligner le problème de la traite des personnes en Ontario. 

Un texte d'Isaac Gauthier

Patrick Brown a notamment profité de l'occasion pour entendre les policiers de Sudbury sur le sujet. 

Selon l'inspecteur Marc Brunette, du Service de police du Grand Sudbury, la région connaît un nombre similaire de cas de traite de personnes comparé aux autres grandes villes de la province. En 2015, il y a eu 10 enquêtes pour trafic humain dans la ville, mais seulement quatre de ces enquêtes ont mené à des accusations, explique le policier.

« Les victimes, qui sont généralement des adolescentes et des jeunes femmes, refusent souvent de porter des accusations. C'est d'habitude à cause d'une dépendance ou d'un problème financier. »

Fait surprenant, la majorité des victimes sont d'origine canadienne et non pas issue d'un réseau de trafic international. Selon Marc Brunette, ceci serait vrai dans environ 80 % des cas à Sudbury. 

Projet de loi 158

En décembre dernier, un rapport préparé pour les élus de l'Ontario démontrait que la province est une « plaque tournante » pour la traite de personnes et la violence sexuelle. Les principales victimes de cette forme d'esclavage moderne viennent aussi des Premières Nations, généralement des jeunes femmes à la recherche d'une échappatoire.

Selon la députée conservatrice de Haliburton-Kawartha Lakes-Brock, Laurie Scott, ces femmes se font avoir par ce qu'elle appelle « un Roméo-pimp », un proxénète qui prétend être amoureux de la victime pour mieux la manipuler.

« Les communautés autochtones sont très vulnérables à ce genre de manipulation, surtout lorsqu'il est question de quitter la réserve pour une grande ville. Les jeunes filles, souvent, ne se rendent pas compte qu'elles se font manipuler. »

Il est toutefois difficile de déterminer avec exactitude d'où viennent ces femmes, souligne le rapport, vu l'absence d'un système standardisé pour suivre et répertorier ce genre de crime. 

Pour lutter contre ce fléau, Laurie Scott a déposé le projet de loi 158, intitulé la Loi sur la sauvegarde des jeunes filles. « Nous l'avons intitulé ainsi pour rappeler aux gens qui sont les victimes : nos voisines », explique la députée. La loi prévoit notamment de créer une unité provinciale pour s'attaquer au trafic humain en plus d'accorder plus de pouvoir aux policiers et aux procureurs.

Le projet de loi, qui doit être envoyé en comité consultatif, prévoit aussi faire du 22 février la journée de sensibilisation à la traite des personnes.

Pour sa part, le gouvernement Wynne a promis en février dernier de présenter en juin une stratégie provinciale pour combattre le trafic humain. Une annonce très attendue par la députée Scott. « Je n'ai rien vu à ce sujet dans le dernier budget du gouvernement. J'attends de voir. »

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