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Le « nouveau » Charles Hamelin n’exclut pas Pékin

Quarante-huit heures après être devenu champion du monde de patinage de vitesse sur courte piste, Charles Hamelin l'avoue candidement : il n'est pas encore revenu sur terre.

Un texte de Diane Sauvé

Le patineur, qui a décroché le titre mondial à sa 15e tentative, devant les siens, a aussi vu le soulagement dans le visage de ses proches.

« Tout le monde a eu la même réaction. C’était comme un relâchement: “Il a réussi!” Ça fait 15 ans que je suis à la recherche de ça. J’ai fini trois fois au 2e rang, trois fois au 3e rang et quatre fois 4e. »

À 33 ans, il est le plus vieux patineur à remporter les grands honneurs aux mondiaux de courte piste.

Charles Hamelin répète à qui veut l’entendre qu’il a l’impression d’avoir rajeuni de dix ans en réussissant notamment ses meilleurs temps au cours des dernières semaines.

Il a aussi fait une spectaculaire volte-face sur son avenir. Plus question de retraite pour lui. L'athlète de Sainte-Julie n’a jamais été certain à 100 % de vouloir quitter son sport.

Son retour au pays a tout bousculé.

« Ça a été vite. Il y a beaucoup de choses qui ont changé dans ma vie […] j’ai parlé avec mon entraîneur, à mon frère, à mon père, à mes amis. Je leur disais comment je me sentais, pis comment je voyais les choses. Ils m’ont tous répété la même chose: “On ne te voit pas arrêter. Continue. Tu te sens bien. Tu as l’air différent.” »

Charles Hamelin admet aussi qu’il se sent différent. Il serait tentant de vouloir expliquer tout ça par sa récente rupture amoureuse avec sa coéquipière Marianne St-Gelais, rendue publique avant les mondiaux.

Il préfère parler d’un tout, mais certains liront entre les lignes.

« Le plus gros aspect, c’est comment je me sentais sur la glace quand je suis revenu de Pyeongchang. Mon mindset a vraiment changé, simplement comment j’étais sur la glace avec les jeunes. Oui, on était 5 gars aux Jeux, mais l’équipe compte 15 gars en tout. J’ai comme pris conscience de l’ambiance avec les boys (que je n’avais peut-être jamais remarqué). Ça a beaucoup beaucoup joué. Ma tête a comme changé. C’est sûr que tout a joué parce que j’ai dû gérer beaucoup de choses dans ma tête durant les dernières semaines, derniers mois. C’est pour le mieux. Ma tête est claire en ce moment. »

Charles Hamelin n’aime pas les regrets. Il veut aller au bout de ses limites et veut surtout tirer la relève vers le haut. Le patineur de Ste-Julie veut s’assurer du succès des plus jeunes, sans pour autant être leur entraîneur.

Un autre cycle olympique?

Il manque un titre à son brillant palmarès, celui du 1000 m aux Olympiques. Est-ce que ça veut dire qu’on pourrait le voir aux Jeux de Pékin en 2022?

Le champion du monde n’exclut rien.

« La croix que j’avais peut-être mise sur Pékin commence à s’effacer peut-être. J’essaie de continuer une autre année au moins. Je vais voir ce qui se passera aux mondiaux la prochaine saison. Je vais faire le point après chaques mondiaux pour voir où j’en suis, ce qui me reste dans la tête, dans les jambes. Peut-être que vous allez me voir dans vos écrans aux Olympiques à Pékin, mais encore là, le courte piste, c’est un sport qui change rapidement. »

Décidément, il est tombé dans la fontaine de Jouvence. C’est un « nouveau » Charles Hamelin qui nous parle, celui qui réalise toute sa force mentale qui « semblait s’effriter » dernièrement.

Mais il n’oublie pas le passé. Les dernières images des mondiaux alors qu’il a retrouvé son ex-conjointe Marianne St-Gelais sur le bord de la patinoire nous ont tous attendris.

« J’ai vécu avec Marianne les dix dernières années, presque la onzième. Ça ne s’efface pas en un claquement de doigt, ces moments-là. On a vécu tellement de choses, que ce soit personnel, aux Olympiques, dans notre carrière. Marianne, c’était ses derniers moments dans un aréna, on les a passés ensemble. Ça allait de soi. »

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