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Le NPD veut accueillir 46 000 réfugiés syriens sur 5 ans

« Le Canada a toujours été une terre d'accueil pour les réfugiés, et c'est le moment pour nous de continuer à assumer ce leadership », a soutenu la candidate néo-démocrate Hélène Laverdière, samedi matin, au moment de présenter le plan de son parti pour accueillir 46 000 réfugiés syriens d'ici la fin 2019.

Le Nouveau Parti démocratique propose de recevoir 10 000 réfugiés syriens parrainés par le gouvernement cette année, puis 9000 par année au cours des quatre années suivantes.

Ce nombre est basé sur la demande des Nations unies aux pays européens, aux États-Unis et au Canada d'accueillir un million de réfugiés syriens sur cinq ans, a expliqué Mme Laverdière. « Nous avons parlé à divers experts et, au prorata, en regardant l'ensemble des pays concernés [...], ce serait de 9000 réfugiés par année », a-t-elle précisé.

Son collègue Paul Dewar a affirmé que le NPD a l'intention de communiquer le plan proposé au gouvernement actuel, bien qu'aucune démarche n'a été entreprise jusqu'à maintenant.

« On ne peut pas attendre au mois de novembre pour faire quelque chose », a ajouté Mme Laverdière.

« Cet été seulement, l'Agence des Nations unies pour les réfugiés estime que plus de 2500 personnes sont mortes noyées dans les eaux de la Méditerranée », a-t-elle souligné.

Un plan chiffré

Les néo-démocrates évaluent que l'accueil de 10 000 réfugiés syriens cette année coûterait 74 millions de dollars, dont 68,5 millions pour la relocalisation. Paul Dewar et Hélène Laverdière ont précisé que ces réfugiés bénéficieraient des soins de santé, évalués à un peu plus de 1 million de dollars par année.

L'accueil de 9000 réfugiés par année au cours des quatre prochaines années coûterait 63,8 millions par an, selon les néo-démocrates.

« Dans les années 1970, le Canada a accueilli plus de 200 000 Vietnamiens, et nous ne l'avons jamais regretté. Ces gens ont contribué de façon très positive à notre société, qui s'en est trouvée enrichie. Il est temps de bouger. Il est temps de tendre la main », a affirmé Hélène Laverdière.

Le NPD propose de nommer coordonnateur aux réfugiés syriens pour arrimer les activités des différents ministères, d'augmenter le nombre d'agents d'immigration sur le terrain, de travailler de concert avec les provinces et les villes pour faciliter la relocalisation des réfugiés, d'alléger les procédures administratives et d'augmenter la contribution financière au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

« Un gouvernement du NPD donnera un montant équivalent aux dons humanitaires des Canadiens pour les réfugiés syriens », a par ailleurs promis Hélène Laverdière.

Le NPD promet aussi d'accélérer les demandes de parrainage privé sans fixer de plafond, et de délivrer des permis de résidence temporaire aux Syriens qui voudraient venir au Canada.

Chacun sa solution

Au début de la campagne électorale, Stephen Harper a promis d'accueillir 10 000 réfugiés syriens de plus au pays d'ici quatre ans, portant à 23 000 le nombre de réfugiés qui devraient venir de Syrie et d'Irak d'ici la fin 2018.

Le Parti libéral propose de son côté d'accepter 25 000 réfugiés parrainés par le gouvernement du Canada. Pour y parvenir, les libéraux s'engagent à investir 100 millions de dollars en 2015-2016.

Pour sa part, le chef bloquiste estime que toutes les propositions sont les bienvenues, mais qu'« on peut, avec les outils que l'on possède maintenant, répéter ce que l'on a fait avec succès dans le cas du Kosovo », à la fin des années 1990, lorsque le Canada « a accueilli 6000 réfugiés en six mois, en collaboration avec la Croix-Rouge et l'armée canadienne ».

Gilles Duceppe estime qu'il faut aller « chercher ces gens en Turquie et dans l'Union européenne, et faire en sorte de les accueillir ici en réunissant tous les responsables de chacune des provinces, ce qui a été fait lors du conflit au Kosovo ».

« C'est une devoir humanitaire », a-t-il lancé.

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